De Trois-Rivière à Rivière-du-Loup

Nous poursuivons notre route vers le Nouveau-Brunswick en traversant modestement -mais sûrement- la belle région du Québec. Ci-dessous la carte contenant notre trajet au Canada, l’article couvre la section en bleu :

Trajet Trois-Rivière Rivière-du-Loup

Les douleurs aux mains, poignets et popotins sont bientôt terminées et nos cuisses commencent à prendre du volume… Les portions de routes plates s’espacent depuis notre arrivée sur la ville de Québec. Plus nous approchons de Rivière-du-Loup, plus les vallons se resserrent même s’ils restent abordables à nos jambes non entraînées. Nous savons d’avance que la route vers Rimouski augmentera un peu encore en difficulté pour nous préparer progressivement à la traversée des Appalaches du Nord qui nous mènera vers l’océan. Nous éprouvons de la satisfaction en prenant conscience de notre progression et en nous observant grimper des côtes que nous aurions peiné à monter quelques jours avant, chargés de nos 15 à 30 kg de bagage chacun… Nous avons crié de joie le jour où nous avons dépassé les 70 km avec un petit 300m de dénivelé, poussés par un enthousiasme collectif (et un petit vent dans le dos, il faut l’avouer).

 

Nous avons  la chance d’avoir un temps magnifique pour notre début de voyage. A part une soirée bien arrosée (de pluie), nous pédalons sous le soleil et exposons fièrement dans les campings notre bronzage à la mode « cycliste » (seuls les fins connaisseurs apprécieront les zébrures marquées au beau milieu des cuisses)…

La région que nous traversons est particulièrement belle. Après avoir longé le fleuve Saint-Laurent, nous poursuivons sur la rive sud de la baie. Nous campons le plus souvent au bord de l’eau ; les hautes marées de la nouvelle lune verdissent les joncs, les bas-côtés des routes sont couverts de roseaux, de graminées, de tanaisies jaunes et d’épilobes dont le bout des épis est encore paré de fleurs d’un rose vif, formant de grands massifs sauvages colorés. Tout au long de la route, nous admirons les maisons de bois de formes et de couleurs variées. Leurs porches abritent souvent un ou plusieurs fauteuils sur lesquels flânent leurs habitants qui nous saluent parfois. Cette tranquillité apparente nous laisse penser que le mode de vie ici est plus respectueux des rythmes de chacun. Il s’agit probablement d’une impression hâtive, qui ne concerne pas forcément les personnes encore en activité. D’ailleurs nous nous étonnons de ne croiser que peu très peu d’enfants tout au long de notre route. Le taux de natalité est bien plus bas qu’en France, ce qui peut expliquer que l’on complimente régulièrement notre « belle famille » de trois enfants.

 

 

Nous apprécions l’accueil chaleureux qui nous est fait tout au long de notre passage. Grâce au réseau Warmshower, nous avons eu la chance de rencontrer Pierre et Claudette qui nous ont reçus comme des rois pendant 2 jours. Ils sont tous les deux de grands amateurs de cyclotourisme, reviennent d’ailleurs d’un voyage en France et planifient le suivant en Europe du Sud… Pierre nous a fait bénéficier de son expérience et de ses conseils avisés sur le matériel et nous a emmené visiter Quebec et les chutes de Montmorency au nord de la ville et ce, en voiture ! (comme des rois, je vous le disais). Nous avons aussi rencontré Etienne, Noah, Justine et Torben, Raynald et Ginette, et de nombreuses personnes qui nous interpellent à l’arrêt ou en vélo pour s’intéresser à notre périple. A plusieurs reprises, nous avons été touchés des messages adressés aux enfants, à l’image d’Oliviero, designer en voyage d’inspiration, qui s’est adressé à eux avec force conviction en les invitant à apprécier la chance que représente ce voyage.

 

Dans cet environnement, le moral est donc au beau fixe. Nous râlons encore facilement pour des détails et nous nous promettons de faire mieux. La logistique du camp est encore très longue, il nous faut bien 2h-2h30 pour tout ranger le matin et partir. Nous nous étonnons aussi de ne pas avoir de temps « libre ». Le soleil se couchant relativement tôt (vers 20h), nous avons du mal à rester éveillé après 21h. La journée file à toute vitesse, et pour peu que nous ayons calé un peu de devoirs dans la journée, le reste est consacré à rouler, faire les courses alimentaires et à la logistique. D’où ces nouvelles un peu tardives !

Suite donc au prochain épisode…

Par Nadège

Quel départ !

Ça y est, nous sommes lancés !

L’empaquetage des vélos nous a pris une bonne grosse demi-journée avec l’aide du papa de Marc. Le filmage final et l’embarquement de l’ensemble à l’aéroport de Toulouse a été grandement facilitée par la venue surprise de Greg et Mathieu, et je ne sais toujours pas comment nous ferons sans eux la prochaine fois !

 

Notre arrivée sur Montréal s’est déroulée sans encombre, nous avons réussi à rentrer tout notre fatras dans deux taxis qui nous ont débarqués comme prévu à l’adresse que nous avions réservée, chez Danielle et Jacques. Nous avons logé dans leur maison au coeur du quartier bien typique de la Vieille Patrie, dont les duplex et triplex sont accessibles à la fois de la rue par des escaliers de métal ou de bois, et par les arrière- cours qui se rejoignent toutes sur une ruelle piétonne. Samedi, nous nous lançons dans l’exploration de la ville aux cent clochers en arpentant les rues des différents quartiers du centre (en surface et en sous-terrain). Dimanche, la fatigue de ces dernières semaines nous tombe dessus et il nous faut nous motiver pour sortir de notre léthargie et profiter de cette belle ville. Pour motiver les plus récalcitrants (que nous ne citerons pas), nous marchandons avec les enfants un musée contre une patinoire (oui oui en été, nous sommes au Québec !)…

 

Lundi 6 août, séance de remontage de vélo le matin. 2h : beaucoup plus rapide qu’au démontage bien sûr. Difficile de tirer plus de cette journée où la chaleur étouffante de Montréal n’a fait qu’accentuer notre fatigue décidément bien tenace. Nous décidons quand même d’aller manger les fameux Bagels de Saint-Viateur pour tester nos montures, et sommes surpris par un orage. Nous rentrons tout trempés mais joyeux !

 

Ci-dessous la carte contenant notre trajet au Canada, l’article couvre la section en bleu :

Trajet Montréal Trois-Rivières

Mardi 7 août, grand départ ! La météo ne s’annonçant pas des plus favorables, nous attendons que la pluie se calme avant de partir en fin de matinée. Finalement, le temps se découvre progressivement et c’est sous un soleil radieux que nous sortons de la grande ville. L’île de Montréal s’étend sur près de 50 km du nord au sud. Nous traversons des environnements variés. Des quartiers de rues perpendiculaires aux multiples Stops (François nous fait justement remarquer que leurs panneaux « Stops » sont plus français que les nôtres, ils disent « Arrêt »), nous passons aux quartiers résidentiels aux jardins tout proprets, tout jolis. Avant de quitter l’île, nous rejoignons une ancienne route longeant le fleuve Saint-Laurent où les verges d’or se mêlent aux roseaux, nous plongeant déjà dans la campagne montréalaise. Les enfants étant particulièrement motivés, nous chevauchons sans difficulté plus de 50 km, un léger vent dans le dos et sur des pistes à plat tout du long. Camping-piscine pour se féliciter et coucher tôt.

 

Mercredi 8 août : 38 km. Nous nous engageons de nouveau sur le Chemin du Roy qui mène à Quebec. Nous nous arrêtons faire quelques courses dans un magasin de bricolage, et nous en profitons pour demander à la dame de la caisse où nous pouvons trouver un magasin d’alimentation sur la route. Une dame dans la file nous conseille de nous arrêter une quinzaine de kilomètres plus loin sur la route pour savourer une des meilleures poutines de la région. Même Céline Dion s’y arrête quand elle passe dans le coin… Alors si Céline Dion s’y arrête… nous aussi ! Et puis cette dame, Nadine, nous rejoint sur le parking du magasin, et nous parle d’un de ses amis qui possède un grand et beau domaine à quelques kilomètres de notre route, où nous pourrions passer la nuit. Nous nous laissons porter par cette rencontre improbable, et nous acceptons avec plaisir cette invitation. Le retour de la pluie accompagne nos derniers kilomètres jusque chez Martin, et nous profitons d’être déjà bien trempés pour aller faire un saut dans la rivière qui serpente son domaine. Moment famille très agréable. Martin, Nadine et ses enfants nous rejoignent, les bras chargés de victuailles et nous offrent une soirée des plus formidables autour du feu. Maïs au beurre, barbecue, couic-couic (le fameux fromage recouvrant la poutine), tarte au bleuet… Nous passons une savoureuse soirée de découverte du pays, clôturée par un feu d’artifice lancé rien que pour nous ! Quel sens de l’accueil ! Nous sommes touchés par tant de générosité, comme un présage des belles rencontres qui nous attendent au cours de ce voyage.

 

Jeudi 9 août : 42 km. La pluie ne s’arrête qu’en fin de nuit. La tente des enfants ne semble pas imperméable. Nous allons devoir contacter la marque MSR pour comprendre ce qui se passe. Pendant que les toiles sèchent, nous attaquons une autre séance de devoirs. Départ en milieu de matinée, après une dernière part de tarte aux bleuets. Il fait chaud et la grande route que nous suivons n’est pas très agréable ; les poids-lourds nous doublent régulièrement et nous poussent à la vigilance sur l’étroite bande cyclable. Les enfants sont néanmoins motivés par la perspective d’un plongeon dans la piscine du camping que nous avons réservé. Nous arrivons en milieu d’après-midi et nous en profitons pour charger les photos et rédiger ces quelques lignes.

 

Demain, direction Trois-Rivières où nous serons accueillis par un hôte Warmshower !

Par Nadège

Le poids, notre meilleur ennemi

Tout au long de ces préparatifs nous avons été particulièrement vigilants à ne sélectionner que des articles solides, indispensables et … légers ! De quoi tourner à l’obsession parfois.

Nous partons avec 17 sacoches Ortlieb : 2 avant et 2 arrière pour nous quatre (Diane ne porte pas) + 1 rackpack à poser sur le porte-bagage arrière de François, histoire de bien charger notre mulechampion.

A cela s’ajoute 5 sacoches de guidon et 2 petites sacoches de cadre.

On pèse rarement les sacoches seules, mais leur poids est loin d’être anodin car elles sont fabriquées dans de la bâche un peu épaisse et imperméable : avant d’avoir commencé à embarquer quoi que ce soit, nous aurons déjà… 16 kg de sacoches sur les vélos ! Ça représente 20% des bagages eux-même, puisque nous emportons un total de 59 kg de matériel dans ces sacoches. On trouvera peut être un moment pour détailler le contenu, mais c’est peut être mieux de le faire après un éventuel ajustement, quand on sera un peu aguerris sur nos vélos.

Les 5 vélos sont assez lourds, on a choisi du solide, au détriment du poids.  Pour se faire peur, voici le poids des vélos avec dans l’ordre de taille et en kg : 23,6 / 17,5 / 16,2 / 15,2 / 11,5, pour un total de 84,0 kg.
Nous embarquons également 10 gourdes. C’est Diane qui en porte le plus avec un bidon de cadre et 2 sur sa roue avant. Ça c’est pas trop lourd quand c’est vide : 0,4 kg au total. Evidemment, ce n’est pas la même histoire quand les gourdes et les 2 outres de 10L sont remplies !

Ce qui nous fait un poids à vide, sans matos, sans eau et sans les trucs qui pédalent de 100 kg. Avec le matériel, on passe à 160 kg. En ajoutant la bouffe et l’eau, ça peut aller jusqu’à 200 kg max et si on rajoute les 250 k de viande molle pour les 5 Bidochons (mais ça va baisser ça…), on ne devrait jamais être au-delà de 450 kg !

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Par Marc

C’est parti pour un tour ?

A l’approche de la date fatidique, la pression monte un peu. Nous sommes allés voir les Indestructibles hier en famille, histoire de se rassurer un peu :  il devrait nous arriver un peu moins de trucs dangereux pendant ce TDM…

Nous sommes à la fois impatients et pour certains anxieux, chacun à son niveau. Les sentiments sont d’ailleurs souvent mélangés, un peu tristes de quitter la maison, le quartier, la famille, les amis (et le chat) ; impatients de découvrir ce qui nous attend et de s’émerveiller sur les routes du monde. Nous nous réjouissons des belles rencontres et des découvertes que nous allons faire mais nous redoutons les difficultés physiques, les pépins techniques, les chutes et bobos divers…

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Les derniers jours ont été éprouvants. Nous avons vécu au rythme des « to-do lists » à n’en plus finir avec la fin du vidage de la maison (merci Laëtitia et Evaëlle !), son ménage (merci Mathieu pour l’équipe de nuit !), les résiliations en tout genre, les transferts d’adresse et l’ensemble des petits détails à ne pas oublier sous peine d’être bien embêtés plus tard.  Une bonne partie de ces points sont cochés, le chat est casé (merci à Sophie, Vincent et Emilie), la maison est vendue, le stockage des affaires est terminé (merci Odile, Bernard, Greg & Méli), les vélos sont encartonnés et les sacoches emballées dans des grands sacs.  Bref, nous sommes prêts à partir et près de partir.

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Demain, c’est le grand saut dans l’aventure… Mieux vaut ne pas trop y penser, ça donne un peu le vertige !

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Par Marc.