De Matapédia à Bathurst

La petite carte pour suivre un peu :

Trajet Matapédia-Bathurst

Evidemment, ça fait tout petit sur la carte, mais on a quand même mis 5 jours pour relier les 2 villes. Nous rencontrerons au passage de sympathiques cyclistes. Bien plus rapides que nous, mais plus expérimentés (ils terminent une traversée complète du Canada d’Ouest en Est) et aussi moins chargés. Nous essuierons le soir même notre premier échec pour entrer dans un camping : nous ne savions pas que certains sont exclusivement réservés aux caravanes. Après le passage d’un pont un peu dangereux, il nous faut prolonger pour arriver dans un camping au milieu d’un parc dans une jolie forêt.

Plus trop de warshowers par ici et les dernières cartouches n’ont pas fonctionné. C’est un peu dommage d’enchaîner les campings, ça ne permet pas les mêmes rencontres. Mais la nature et les paysages sont charmants. Nous réitérons une grosse journée à plus de 60 km et 500 m de dénivelé. Le vent nous ralentit beaucoup et l’arrivée à 17h ne permet pas dégager du temps pour faire autre chose que le nécessaire. Les moustiques ne nous laissent toutefois pas trop sortir, il nous faut éviter de rester statiques pour admirer les couchers de soleil. Même au bord de la mer et avec un grand vent ils sont quand même bien présents et voraces. Ca sera d’ailleurs le cas dans plusieurs campings le long de cette côte. Ca rend tout le monde un peu tendu et ça limite les activités. Pourtant les québécois l’assurent : « Y’a pas de mouches icite ! »

 

 

C’est au cours de cette semaine que nous passerons nos 1000 km depuis le départ (et 4600 m de dénivelé). Nous immortalisons le compteur, assez fiers de nous. Il faut avoir roulé avec des vélos aussi chargés pour apprécier.

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Nous terminons ce séjour canadien par quelques jours bien mérités dans une maison sur la péninsule acadienne, objectif culturel de notre traversée. L’Acadie correspond à la région nord-américaine où se sont installés les premiers colons français. C’est sur cette péninsule que sont revenus les acadiens initialement débarqués en Nouvelle-Ecosse, après avoir fui les déportations organisées par les anglais, appelées ici le Grand Dérangement. Les britanniques les accusaient d’avoir voulu rester neutres dans le conflit de territoire qui opposait la France et l’Angleterre. Déportés dans les colonies anglaises, des Antilles à la Louisiane, certains sont revenus dans ces conditions difficiles et ont élu domicile au Nouveau Bruswick au cours du siècle suivant. Nous avons visité un village qui retrace la vie des acadiens avec un sens de la précision et de la figuration impressionnant. Chacune des maisons a été déplacée planche par planche et pierre par pierre d’un village de la région. Un figurant y vit toute la journée comme son ancien propriétaire, en nous décrivant avec moult détails son mode de vie, l’histoire de sa famille etc… Les salariés sont tellement impliqués que certains passent une partie de leur temps libre à éplucher les archives des églises et des villages pour en savoir davantage sur le personnage qu’il joue. Les potagers à côté des maisons sont semés chaque année et remplissent les assiettes des figurants qui cuisinent de réelles recettes d’époque au feu de bois, ou au poêle pour les maisons plus récentes. Les bergeries, porcheries et poulaillers sont occupés par des animaux qui fournissent oeufs, lait (et viande ?).  Nous devions y passer 1 ou 2h, nous y avons passé la journée !

 

 

Nous avons aussi profité de cette petite pause pour nous reposer et rattraper un peu les devoirs avant d’embarquer tout notre fatras en train vers Toronto. De là nous prendrons un bus pour passer la frontière américaine vers le Michigan, où nous retrouverons Florian et Amandine qui nous accueilleront quelques jours.

 

 

 

Par Marc