Bye bye Canada, see you soon ?

Nous arrivons déjà au terme de notre séjour canadien, qui est passé si vite !

Partis de Montréal, nous sommes montés jusque Trois-Rivières, en longeant l’Ile aux Castors, le lac Saint Pierre, Yamachiche, Trois-Rivières et Brise-Culotte. Nous avons traversé à Québec et longé le Bas Saint-Laurent, en passant par La Pocatière, Kamouraska, Trois-Rivières, Trois-Pistoles, la Baie du Ha!-Ha! et Rimouski. Nous sommes passés par des dizaines de petits villages portant le nom d’un Saint : Saint-Denis, Saint-Germain, Saint-André, Saint-Patrice, Saint-Fabien, Sainte-Luce, Sainte Flavie, … Nous avons grimpé les Appalaches, longé la rivière Matapédia et rejoint la rivière Restigouche qui marque la frontière nord entre le Quebec et le Nouveau Brunswick. Nous avons longé la Baie des Chaleurs, traversé le Nepisiguit et roulé jusqu’à la Péninsule Acadienne, où nous avons appris comment vivaient les premiers colons français, en bon contact avec les indiens Mi’kmaq (Paragraphe à lire à haute voix les jours de déprime, effet vacances garanti 😉 ).

C’est pour nous une grand satisfaction d’avoir réussi à franchir ces 1000 premiers km : même pas mal (ou presque). Nous nous doutons bien que la marche est petite par rapport à ce qui nous attend dans les Andes. Des campings tout du long (avec piscine s’il vous plait), des douches chaudes, des routes plutôt confortables, de quoi manger en abondance, de l’eau potable partout ou presque, et puis des dénivelés très acceptables à une altitude en rase-motte.

Pour autant, nous ne déprécions pas cette première étape, qui nous a permis de décoller en douceur. Nous nous sommes adaptés physiquement sans trop souffrir. Nous avons mis en place une routine familiale et logistique qui n’était pas des plus évidentes au départ. Nous avons vu fondre des résistances, capté des regards complices et entendu des fous-rires qui étaient dernièrement retenus captifs par les heures passées chacun dans sa chambre, les yeux rivés sur des écrans.

Et puis surtout nous nous sommes régalés à traverser ce tout petit bout de Canada ! Cette traversée du Québec vers l’Acadie française, berceau du Canada qui n’a pourtant « que » 400 ans, nous a ravi à la fois dans la variété de ses paysages au bord de l’eau, de ses couchers de soleil, dans l’accueil chaleureux que nous avons reçu tout du long. Tout semble si tranquille ici !

Cette facilité à nous loger dans des campings a pourtant eu ses limites. Les rencontres avec les autochtones ont été beaucoup moins nombreuses sur la deuxième partie du trajet, et nous restons un peu sur notre faim, avec l’impression d’avoir une vision un peu trop lisse du pays, sans l’avoir perçu dans sa complexité. En bon français naturellement sceptiques, nous nous posons de nombreuses questions sur la vie politique, économique, sociale du pays… Nous n’avons rencontré aucune forme d’agressivité en 40 jours de voyage. Certes nous sommes une famille de voyageurs sous un format atypique, et sympathiques c’est certain 😉 , mais nous sommes peu habitués à cette paix ambiante. La région connaît le plein emploi, les maisons et jardins sont particulièrement bien entretenus laissant supposer un niveau de vie confortable. Sur au moins la moitié des jardins se dressent fièrement un drapeau, que ce soit celui du Québec, du Canada ou de l’Acadie, ce qui nous laisse admiratifs. Nous avons du mal à imaginer une telle fierté régionale ou nationale en France, à part bien sûr pendant la Coupe du Monde ou dans les jardins de propriétaires rapidement taxés de voir la vie en bleu marine. Tabarnac Canada, où tu-caches-tu le poil à gratter ?

Un agréable petit séjour à Toronto chez Nathalie et Erik, famille franco-danoise installée au Canada depuis une dizaine d’années, nous permettra de répondre en partie à ces questions.

Pas le choix, il nous faudra revenir… surtout que nous n’avons pas vu l’hiver, ses -30° et ses 5 mois de neige !

En attendant, un petit sondage familial pour repérer ce qui a été apprécié -ou moins- pendant ce séjour :

  • Diane : J’ai aimé la poutine, le village des acadiens, la maison confortable avec des lits, des canapés, une cuisine et une piscine à Clifton. Je n’ai pas du tout aimé les moustiques dans les campings.
  • Pauline : J’ai détesté les moustiques. J’ai bien aimé les cochonneries sucrées (boisson, barres chocolatées) que Papa a achetées pour goûter, même si ça n’était pas très équilibré. Heureusement, nous nous sommes rattrapés sur les pédales ! J’ai beaucoup aimé les couchers de soleil sur l’eau et tous les encouragements que nous avons reçus des québécois. J’ai été très touchée de l’attention que l’on nous a porté, comme la fois où un Monsieur s’est arrêté en voiture pour nous offrir une bouteille de Coca de sa glacière.
  • François : J’ai aimé goûter de nouveaux « breuvages » (vert ou orange électrique, sous les yeux horrifiés de maman qui passe son temps à regarder les étiquettes des ingrédients) et tester des plats inconnus dans les restos. J’ai été impressionné par la taille des maisons. J’ai souvent rigolé en entendant l’accent et les expressions québecoises. Malgré beaucoup de persévérance à essayer d’impressionner les moustiques, ça n’a pas marché, je n’ai pas aimé qu’ils me choisissent pour cible préférée.
  • Les parents : Il y aurait pas mal à dire, mais cela transparaît probablement déjà au travers des différents articles rédigés. Pour Marc, les paysages, les routes en général bien aménagées pour les vélos et la navigation facile dans plans de ville tracés au cordeau, la gentillesse des Québécois et Néo-Brunswickois. Pour Nadège, le village des acadiens a été un véritable coup de coeur, qui entre en résonance avec ses penchants néo-écolo-bobo. Observer les pratiques agricoles pleine de bon sens et de mesure qui ont pu faire vivre des familles de 12 en complète autonomie -ou presque- c’est plus qu’il n’en faut pour attiser les rêveries de Madame, déjà portée à réfléchir sur la sobriété heureuse par cette aventure à vélo. Et comme en vélo, on a le temps de rêver, Madame médite la petite phrase de Nadine « Chez nous, on dit qu’un vrai québécois doit être débrouillard, au minimum il doit savoir faire un feu, pêcher et chasser »… Pour la chasse on repassera, mais pour le feu et la pêche … 😉

 

Par Nadège