En descendant la Patagonie

carte carretera

En vert, c’est le vélo, en bleu, le bateau et en noir, c’est du bus, en deux fois.

Lors de notre vadrouille familiale, nos vélos nous ont attendus bien sagement à la maison des volontaires de la ferme où nous avions wwoofé avant Noël, à 30 km du début de la carretera australe. En repassant les chercher, nous rencontrons Paul, jeune étudiant français en césure qui vient d’arriver pour un mois de wwoofing, après l’avoir expérimenté en Equateur et avant de partir pour l’Argentine.

Le lendemain matin, nous devons ré-enfourcher nos montures, mais nous partons d’un pas hésitant : la pluie est revenue. Nous roulons néanmoins jusqu’au prochain port à une quinzaine de kilomètres pour prendre le premier ferry de la route australe. En effet, la route australe est interrompue trois fois dans son mode routier et relayée par des traversées en ferry, qu’il faut réserver au préalable. La carretera australe, appelée jusqu’à peu le « sentier Général Pinochet » a été l’une des grandes réalisations initiées sous le régime militaire pour relier les différentes régions de Patagonie, jusque là très isolées. Plus de 10 000 soldats participèrent à la construction, en traçant la voie à travers les forêts vierges, les montagnes et les roches glaciaires. Terminée en 2000, elle s’étend sur plus de 1200 km de Puerto Montt au nord à Villa O’Higgins au sud, faisant le bonheur des cyclovoyageurs qui la parcourent à travers des paysages fantastiques.

La route étroite n’est pas goudronnée sur la totalité de son parcours. De grandes sections sont encore en « ripio », une piste de graviers plus ou moins tassés par le passage des voitures. C’est aussi le cas des routes latérales quand il y en a, comme celle que nous prenons à la sortie du premier traversier. Cette route longe la côte en passant par de jolis villages de pêcheurs. Nous l’empruntons et profitons d’une demi-journée d’un temps radieux qui nous permet d’apprécier la subtilité du jeu de lumière sur l’eau. Nous avons une pensée pour notre oncle Olivier qui pourrait probablement y passer des heures avec son appareil photo ! Nous apercevons des otaries et des dauphins au large. Encore une fois c’est Diane qui les repère en premier. Nous en rigolons d’ailleurs entre nous, comme cette fois où nous faisons une pause sur une plage de sable noir : « Diane, tu nous appelles un de tes copains ? Un pélican ou une otarie ce serait pas mal, mais si c’est un dauphin, c’est mieux… » Une minute plus tard, Diane s’écrit : « Là, un dauphin ! ». Nous apercevons en effet l’aileron d’un dauphin en train de chasser tout près de la plage, il y restera une bonne demi-heure à faire des allers-retours devant nous !

Le lendemain malheureusement le temps se gâte sérieusement. Nous commençons à prendre l’eau malgré nos vêtements imperméables. Nadège supporte difficilement ce moment où l’eau commence à pénétrer les différentes couches de vêtements, se mêlant à la transpiration prisonnière, surtout quand nous ne savons pas s’il sera possible de se sécher le soir ! Très énervée -bien que prévenue, elle aurait bien essoré à ce moment-là ses vêtements trempés sur la tête de toutes les personnes qui ont osé lui dire que la Patagonie est une destination de rêve pour les cyclos ! 😉

Le ripio est meuble et glissant. Ses roues sont les plus fines de tous nos vélos, un peu trop pour le sol instable. Après avoir rattrapé son vélo plusieurs fois, ça se termine en belle gamelle : quelques hématomes, 3 côtes fêlées et vive le casque ! Nous poursuivons notre chemin jusqu’à la prochaine cabaña où nous nous réfugions pour laisser passer des torrents de pluie. Nous repartons le lendemain pendant une accalmie mais devons nous arrêter encore. Le moral des troupes commence à baisser. Nous avions prévu de rouler jusqu’à Coyhaique afin d’accéder à l’aéroport à proximité pour notre retour sur Santiago. Nous avons peu roulé et ce contretemps remet en cause la suite du parcours…

Nous rejoignons quand même la ville d’Hornopiren où nous réservons un passage sur le deuxième traversier. Avant de partir, nous faisons la rencontre d’un sympathique couple franco-autrichien, David et Andrea. Coïncidence du voyage, ils ont effectué une partie de la traversée du Sud Lipez avec nos copains de route belges Gaëlle et Tom ! Nous effectuons la magnifique traversée en ferry en leur compagnie, 5h de navigation en deux fois sur un fjord somptueux, encaissé au coeur de montagnes enneigées.

A l’arrivée nous débarquons dans le parc Pumalin, réserve naturelle fondée par le couple américain Kris et Douglas Tompkins (fondateurs des marques The North Face et Esprit) pour protéger la richesse écologique des lieux. D’une superficie de plus de 300 000 hectares, il s’agit du plus grand parc privé au monde. Nous pénétrons en effet dans un environnement étonnant : une forêt tempérée humide dite « valdivienne » particulièrement dense, abritant de hauts arbres comme les cyprès Fitzroy, arbres millénaires, les « lengas » et les « coihue », mais aussi une végétation plus basse touffue, parmi lesquels les « nalcas », cousine de la rhubarbe dont les feuilles géantes donnent incontestablement un air tropical au tableau, et de grandes fougères dont la coloration en un joli dégradé orange et rouge apporte une touche de couleur dans ce camaïeu de vert. A la sortie du ferry, nous visitons avec David et Andréa le sentier des cyprès millénaires et roulons jusqu’au camping. Nous les laissons repartir le lendemain matin pour aller tester notre canne à pêche (chou blanc !) et repartons en fin de matinée. Nous sommes rapidement rattrapés par la pluie, qui une fois encore nous trempe des pieds à la tête. Nous faisons une trentaine de kilomètres jusqu’à des cabañas où nous arrivons, transis de froid, claquant des dents. La première est bien trop chère, nous devons refuser… Dur moment, mais les enfants supportent la situation avec beaucoup de courage. En discutant avec un commerçant, il nous conseille d’aller voir la maison d’en face. Ouf, nous sommes sauvés et abrités pour la nuit !

Le lendemain, le beau temps est revenu. Nous entreprenons l’ascension du volcan Chaiten qui a explosé en 2008, recouvrant de cendres la ville du même nom. Diane est en forme, elle gravit les pentes très raides avec une vigueur que nous ne lui connaissions pas, et arrive avec son grand frère au sommet pour contempler les 300 m de hauteur de roches sorties du sol après l’explosion.

Arrivés dans la ville de Chaiten, nous faisons la connaissance de notre première famille de cyclovoyageurs ! Charly et Ed sont anglais, ils ont démissionné de leurs postes d’enseignant très prenants et ont pris 1 an pour voyager avec leur deux enfants. Nous passons une très bonne soirée en leur compagnie : les enfants jouent ensemble et les parents se retrouvent sur de nombreux points, impressions, ressentis, projections… Un peu plus tard dans la soirée, débarquent un papa argentin et sa fille de 10 ans sur un vélo-cargo hors-norme équipé de panneaux solaires. Deux familles le même jour alors que nous n’en avions pas croisé jusqu’à présent ! Nous apprenons que nous manquons de peu une autre famille de français, arrivés sur la ville en même temps que nous…

A Chaiten, deux options se posent : soit nous prenons un ferry pour remonter jusqu’à Puerto Montt, et notre voyage patagonien s’arrête là avec la frustration de n’avoir qu’effleuré la région, soit nous essayons de trouver un moyen de transport pour nous descendre un peu plus au sud afin de terminer notre trajet en vélo jusqu’à Coyhaique. Nous optons pour la 2ème solution. Il n’est pourtant pas simple de trouver des transports sur la carretera. Il n’y a pas de taxis, assez peu de camions avec la voie maritime souvent privilégiée, les bus sont rares et espacés dans la semaine, les voitures font de courts trajets locaux. Nous voilà donc partis à faire du stop à deux reprises, dont une fois sous la pluie : il fallait voir la brochette de chats mouillés le long de la route, abrités sous une bâche que nous enlevions à chaque véhicule en approche ! Peu de touches face à notre attirail, et c’est finalement dans un bus que nous entasserons l’ensemble de notre équipage en démontant pédales et guidons avec un temps record !

Nous demandons au chauffeur de nous déposer au premier village où la route est de nouveau asphaltée. S’en suivent quelques journées particulièrement agréables. Le beau temps est revenu et nous découvrons ce secteur de la Patagonie plus dégagé qu’au nord, avec ses montagnes joliment dessinées sur l’horizon, ses sommets parfois poudrés de neige ou enveloppés de nuages cotonneux, avec ses falaises que la forêt conquiert dans la verticalité, avec ses lacs frétillants de poissons qui révèlent un art bien rôdé pour éviter nos appâts… Nous passons de longues pauses déjeuner près de rivières, nous nous trempons, nous pêchons (toujours bredouille !), nous prenons le temps de profiter de ces derniers jours en Patagonie. Le soir, nous trouvons de très beaux sites pour planter la tente. Une nuit où la pluie menace, nous négocions de dormir avec nos matelas dans une salle prévue pour recevoir des groupes lors des fêtes de « l’asado » (agneau à la broche). Le propriétaire Juan-Luis possède 2700 hectares de domaine qui avaient été donnés à son père au moment de la vague de « colonisation » des territoires du sud au siècle dernier. L’état chilien donnait alors de larges territoires à qui voulait s’installer sur ces contrées vierges de toute occupation, même par les communautés indigènes. En l’absence de route, il lui fallait alors 15 jours à cheval pour rejoindre la ville de Coyhaique…

Sur le chemin, nous croisons de nombreux cyclovoyageurs, de toutes nationalités. Rares sont ceux qui s’arrêtent, les signes de « bonjour » sont parfois arrachés de justesse. Nous regrettons un peu ces rencontres que nous faisions en Bolivie et au Pérou, comme autant de petits cadeaux dans nos journées de pédalage. Nous ne comprenons pas très bien pourquoi cette règle tacite de l’arrêt et de l’échange de conseils disparaît sur la carretera… Trop de monde probablement, trop d’arrêts donc, recherche de vitesse et performance, souhait de s’isoler au milieu de cette nature presque vierge ?

Nous rejoignons finalement Coyhaique pour nous poser quelques jours. Nous partons à la chasse aux cartons de vélo pour prendre l’avion ; nous nettoyons méticuleusement notre matériel pour passer les douanes néo-zélandaises intraitables paraît-il lorsqu’il s’agit de limiter la contamination de leurs îles par des espèces invasives…

Notre séjour au Chili touche donc à sa fin. Notre séjour en Amérique Latine aussi. Nous repartons cependant un peu frustrés de ce passage au Chili (les parents surtout), avec cette impression d’avoir survolé le pays, de ne pas avoir fait beaucoup de rencontres de chiliens avec lesquels les échanges se sont principalement limités à des transactions, avec ce regret de ne pas en avoir saisi la complexité. Complexité qui ressemble à la nôtre probablement… Le Chili est un pays de contraste : de ses déserts au Nord à ses glaciers au Sud, de ses villes ultra-modernes à la défense des traditions Mapuche, dans ses inégalités sociales profondes, de ceux qui défendent les années Pinochet pour le développement économique du pays (« le miracle chilien » ) à ceux qui y voient surtout les atteintes aux droits de l’homme, d’un sens de l’accueil touchant aux réponses sèches qui nous ont parfois été faites, à la limite du mépris… Il nous faudrait probablement encore beaucoup de temps pour en comprendre davantage sur ce pays…

Nous ne pouvons qu’encourager les enfants à revenir quand ils seront grands et pourquoi pas à parcourir la Carretera australe dans sa totalité… quand elle sera entièrement asphaltée ! 😉

Bonus : quelques églises en bois :

Et quelques photos de la végétation locale :

 

Par Nadège

Salades et pain de Pâques à Noël

Nous vous souhaitons à tous une très belle année 2019, riche de rencontres et de moments de partage, en famille et dans tous les environnements de votre vie… Une année d’apaisement, une année pour l’essentiel…

Pour ne pas déroger à la tradition, voici la carte de voeux ! ;-)

Pour ne pas déroger à la tradition, voici la carte de voeux ! 😉

Silence radio depuis plusieurs semaines, car nous étions soit bien occupés, soit complètement déconnectés de la sphère numérique… Dans le dernier article, nous quittons la capitale Santiago pour rejoindre en bus le sud du pays.

Arrivés à Puerto Varas, au nord de la Patagonie, Pauline est ravie : une végétation dense habille les montagnes et collines environnantes. La sécheresse de l’altiplano commençait à lui peser. Nous encourageons son goût pour le vert par une semaine de Wwoofing chez Mattias en descendant cinquante kilomètres vers le sud sur la mythique Carretera Australe.

Nous sommes accueillis par Sergio, qui s’occupe toute l’année des « volontarios » en organisant leur travail sur la ferme. Comme nous arrivons un vendredi en début d’après-midi et que les wwooofers ne travaillent pas le week-end, nous commençons… par nous reposer de notre travail non-accompli. Nous posons nos bagages dans une maison que nous partageons avec Patricio, ami de la famille, qui nous parle de son pays et des coutumes de la région. Le domaine est immense, en grande partie recouvert de forêts que les enfants complices passent la semaine à explorer, repérant les clairières, suivant les chemins tracés par les chèvres, traversant le ruisseau en tous sens, espionnant les maisons plantées çà et là sur la propriété. Au cours de leurs pérégrinations, ils découvrent en haut d’une colline un point de vue magnifique sur la région environnante : nous apercevons la côte, le golfe, les sommets enneigés et les magnifiques forêts qui les entourent. Au cours de cette semaine, nous désherbons les champs de haricots verts, les serres, plantons des salades, tuteurons les pieds de tomate. A 8h chaque jour, nous avons rendez-vous avec Sergio pour traire les chèvres, que nous rentrons le soir en séparant les petits de leurs mères. L’après-midi est consacré aux devoirs et aux balades en famille.

Nous en apprenons un peu plus sur cette région, qui peu à peu se désenclave grâce à l’aménagement progressif de la carretera australe. Les personnes de la région vivent de l’élevage, du maraîchage mais surtout de la pêche artisanale rendue difficile par l’élevage intensif du saumon. Le Chili est en effet le deuxième exportateur de saumon après la Norvège, mais les conditions d’élevage peinent à être réglementées. En 40 ans, l’industrie intensive a considérablement modifié l’écosystème marin du littoral par l’évacuation des déchets dans la mer, l’utilisation d’antibiotiques et de produits chimiques, causant la prolifération d’algues toxiques et vidant les eaux des espèces endémiques. Cet été, 700 000 saumons se sont échappés de leurs bassins d’élevage dans le golfe, inquiétant fortement les associations qui craignent que cette espèce carnivore ne continuent à affaiblir l’écosystème local… L’industrie du saumon est aussi une industrie fragile pour les emplois. 50 000 à 70 000 personnes travaillent en Patagonie dans le secteur, mais chaque crise sanitaire met au chômage des milliers de personnes… Bref, on nous conseille d’éviter autant que possible de consommer du saumon chilien, d’autant que les côtes recèlent d’une grande variété de recettes à base de poissons et de fruits de mers…

Dans cette ferme, nous passons une délicieuse semaine, malheureusement ponctué par un incident stressant. Alors que Nadège partait en bus pour aller retirer de l’argent dans la ville de Puerto Montt à 30 km, elle se fait voler le portefeuille de Marc, avec assez peu d’espèces mais deux cartes bleues et quelques papiers d’identité ! Rrrr… Cette ville est un repère de voleurs affutés comme nous l’apprendrons par la suite. Le vol a probablement eu lieu dans le bus, alors que Nadège avait les mains posées sur le sac à dos, recouvert en partie par son manteau. Son livre kindle étant un peu trop prenant, elle ne s’est pas aperçue que le vilain bonhomme debout dans l’allée ouvrait la fermeture éclair du sac à dos, simulant d’être dérangé derrière lui par un probable complice. Nous apprendrons en discutant avec d’autres voyageurs que cette technique a fait d’autres victimes… Appels en France pour faire opposition sur les cartes, déposition chez les carabiñeros, beaucoup d’énervement et de tension au cours de cet épisode malvenu. Finalement un hôtel de la ville nous appellera quelques jours plus tard en indiquant avoir trouvé l’objet perdu, seulement délesté de ses pesos. Les cartes n’ont probablement pas été utilisées. L’histoire pourrait vite être catégorisée et rangée dans le lot des petits incidents « pas-de-bol », mais nous apprendrons quinze jours plus tard que nous avons par ce fait perdu la location du camping-car en Nouvelle-Zélande (et la caution avec), que nous avions justement pris le soin de réserver 8 mois avant pour éviter les prix indécents de la pleine saison ! La carte de Marc avait servi à payer la caution et nous nous étions tacitement engagés à payer le restant 35 jours avant la prise de véhicule, comme stipulé en tout petit en bas de la page internet noyée d’images et d’informations inutiles. Bref. Nous oublions donc le camping-car, et nous nous reportons de toute urgence vers une plateforme de location de voiture en pompant la connexion Wi-Fi d’un providentiel magasin de vêtements sur notre chemin. Finalement cette solution sera probablement moins coûteuse, nous apprenons à relativiser. Et puis, ça nous apprendra à délaisser le vélo pour un temps ! 😉

Après cette semaine de Wwoofing, nous remontons sur Puerto Varas, jolie ville dont les maisons de bois bordant le lac Llanquihue confèrent un petit air de Suisse ou d’Allemagne. Nous y attendons en trépignant la famille de Marc venue nous rejoindre pour les fêtes. Notre groupe de 19 ne passe pas inaperçu au cours des dix jours qui suivent. Les enfants cousinent et sont heureux de se libérer de la présence parentale pendant cette trêve de Noël. Les parents sont aussi en vacances et apprécient de se laisser porter par le circuit organisé par la maman de Marc. Nous visitons la région patagonienne en allant nous balader sur le volcan Osorno, du côté des chutes de Pétrohué et du fjord Reloncavi. Nous prenons un bateau pour découvrir une partie de l’île Chiloé et ses maisons colorées. Nous descendons sur Puerto Natales au sud de la Patagonie et aux portes de la Terre de Feu, pour aller visiter le magnifique parc Torres del Paine. C’est là que nous devons laisser repartir le groupe. Il paraîtrait qu’il y en a qui ont des obligations professionnelles et autres engagements incontournables dans leur vie en France…;-)

Les adieux sont difficiles. Après avoir passé 10 jours auprès de nos proches dans un confort devenu inhabituel, dans la facilité d’un circuit organisé où nous n’avons pas eu de décision à prendre autre que « Huevos fritos o revueltos* » pour le petit déj… c’est un peu dur de revenir à nos conditions de voyage plus spartiates, surtout pour les enfants.

Pour les réconforter et rendre la transition moins brutale, nous faisons une entorse au budget et leur préparons une surprise : une randonnée à cheval dans le parc. C’est une première pour les garçons, mais tout le monde apprécie l’expérience. Lors de ces 3h de rando en petit groupe, nous avons des points de vue magnifiques sur le parc, les lagunes, les pics de granit enneigés, les falaises qui nous surplombent. Nous circulons dans des paysages féériques dignes d’un film fantastique, le long de chemins encadrés par des arbres rabougris et desséchés par le vent, dont le bois grisé est par endroit blanchi par un lichen tombant sur nos têtes en de longs filaments… Nous en apprenons à cet occasion un peu plus sur la place importante du cheval dans la culture patagonienne. D’ailleurs par la suite, nous croiserons régulièrement des éleveurs rentrer leurs troupeaux de moutons et de vaches non pas à pied avec des chiens mais à cheval, et le troupeau n’a qu’à bien se tenir ! Efficacité remarquable…

Nous repartons ensuite pour Punta Arenas où un vol nous attend afin de retrouver nos vélos sagement rangés à l’abri près de la carretera australe. Nous ne sommes pas tout à fait d’accord sur la manière d’organiser la suite du voyage pendant les 15-20 jours qui nous restent en Patagonie avant de partir pour la Nouvelle-Zélande. Malheureusement, le climat décidera pour nous… Suite au prochain article.

Petit bonus animalier :

* Oeufs sur le plat ou brouillés ?

Par Nadège