Salades et pain de Pâques à Noël

Nous vous souhaitons à tous une très belle année 2019, riche de rencontres et de moments de partage, en famille et dans tous les environnements de votre vie… Une année d’apaisement, une année pour l’essentiel…

Pour ne pas déroger à la tradition, voici la carte de voeux ! ;-)

Pour ne pas déroger à la tradition, voici la carte de voeux ! 😉

Silence radio depuis plusieurs semaines, car nous étions soit bien occupés, soit complètement déconnectés de la sphère numérique… Dans le dernier article, nous quittons la capitale Santiago pour rejoindre en bus le sud du pays.

Arrivés à Puerto Varas, au nord de la Patagonie, Pauline est ravie : une végétation dense habille les montagnes et collines environnantes. La sécheresse de l’altiplano commençait à lui peser. Nous encourageons son goût pour le vert par une semaine de Wwoofing chez Mattias en descendant cinquante kilomètres vers le sud sur la mythique Carretera Australe.

Nous sommes accueillis par Sergio, qui s’occupe toute l’année des « volontarios » en organisant leur travail sur la ferme. Comme nous arrivons un vendredi en début d’après-midi et que les wwooofers ne travaillent pas le week-end, nous commençons… par nous reposer de notre travail non-accompli. Nous posons nos bagages dans une maison que nous partageons avec Patricio, ami de la famille, qui nous parle de son pays et des coutumes de la région. Le domaine est immense, en grande partie recouvert de forêts que les enfants complices passent la semaine à explorer, repérant les clairières, suivant les chemins tracés par les chèvres, traversant le ruisseau en tous sens, espionnant les maisons plantées çà et là sur la propriété. Au cours de leurs pérégrinations, ils découvrent en haut d’une colline un point de vue magnifique sur la région environnante : nous apercevons la côte, le golfe, les sommets enneigés et les magnifiques forêts qui les entourent. Au cours de cette semaine, nous désherbons les champs de haricots verts, les serres, plantons des salades, tuteurons les pieds de tomate. A 8h chaque jour, nous avons rendez-vous avec Sergio pour traire les chèvres, que nous rentrons le soir en séparant les petits de leurs mères. L’après-midi est consacré aux devoirs et aux balades en famille.

Nous en apprenons un peu plus sur cette région, qui peu à peu se désenclave grâce à l’aménagement progressif de la carretera australe. Les personnes de la région vivent de l’élevage, du maraîchage mais surtout de la pêche artisanale rendue difficile par l’élevage intensif du saumon. Le Chili est en effet le deuxième exportateur de saumon après la Norvège, mais les conditions d’élevage peinent à être réglementées. En 40 ans, l’industrie intensive a considérablement modifié l’écosystème marin du littoral par l’évacuation des déchets dans la mer, l’utilisation d’antibiotiques et de produits chimiques, causant la prolifération d’algues toxiques et vidant les eaux des espèces endémiques. Cet été, 700 000 saumons se sont échappés de leurs bassins d’élevage dans le golfe, inquiétant fortement les associations qui craignent que cette espèce carnivore ne continuent à affaiblir l’écosystème local… L’industrie du saumon est aussi une industrie fragile pour les emplois. 50 000 à 70 000 personnes travaillent en Patagonie dans le secteur, mais chaque crise sanitaire met au chômage des milliers de personnes… Bref, on nous conseille d’éviter autant que possible de consommer du saumon chilien, d’autant que les côtes recèlent d’une grande variété de recettes à base de poissons et de fruits de mers…

Dans cette ferme, nous passons une délicieuse semaine, malheureusement ponctué par un incident stressant. Alors que Nadège partait en bus pour aller retirer de l’argent dans la ville de Puerto Montt à 30 km, elle se fait voler le portefeuille de Marc, avec assez peu d’espèces mais deux cartes bleues et quelques papiers d’identité ! Rrrr… Cette ville est un repère de voleurs affutés comme nous l’apprendrons par la suite. Le vol a probablement eu lieu dans le bus, alors que Nadège avait les mains posées sur le sac à dos, recouvert en partie par son manteau. Son livre kindle étant un peu trop prenant, elle ne s’est pas aperçue que le vilain bonhomme debout dans l’allée ouvrait la fermeture éclair du sac à dos, simulant d’être dérangé derrière lui par un probable complice. Nous apprendrons en discutant avec d’autres voyageurs que cette technique a fait d’autres victimes… Appels en France pour faire opposition sur les cartes, déposition chez les carabiñeros, beaucoup d’énervement et de tension au cours de cet épisode malvenu. Finalement un hôtel de la ville nous appellera quelques jours plus tard en indiquant avoir trouvé l’objet perdu, seulement délesté de ses pesos. Les cartes n’ont probablement pas été utilisées. L’histoire pourrait vite être catégorisée et rangée dans le lot des petits incidents « pas-de-bol », mais nous apprendrons quinze jours plus tard que nous avons par ce fait perdu la location du camping-car en Nouvelle-Zélande (et la caution avec), que nous avions justement pris le soin de réserver 8 mois avant pour éviter les prix indécents de la pleine saison ! La carte de Marc avait servi à payer la caution et nous nous étions tacitement engagés à payer le restant 35 jours avant la prise de véhicule, comme stipulé en tout petit en bas de la page internet noyée d’images et d’informations inutiles. Bref. Nous oublions donc le camping-car, et nous nous reportons de toute urgence vers une plateforme de location de voiture en pompant la connexion Wi-Fi d’un providentiel magasin de vêtements sur notre chemin. Finalement cette solution sera probablement moins coûteuse, nous apprenons à relativiser. Et puis, ça nous apprendra à délaisser le vélo pour un temps ! 😉

Après cette semaine de Wwoofing, nous remontons sur Puerto Varas, jolie ville dont les maisons de bois bordant le lac Llanquihue confèrent un petit air de Suisse ou d’Allemagne. Nous y attendons en trépignant la famille de Marc venue nous rejoindre pour les fêtes. Notre groupe de 19 ne passe pas inaperçu au cours des dix jours qui suivent. Les enfants cousinent et sont heureux de se libérer de la présence parentale pendant cette trêve de Noël. Les parents sont aussi en vacances et apprécient de se laisser porter par le circuit organisé par la maman de Marc. Nous visitons la région patagonienne en allant nous balader sur le volcan Osorno, du côté des chutes de Pétrohué et du fjord Reloncavi. Nous prenons un bateau pour découvrir une partie de l’île Chiloé et ses maisons colorées. Nous descendons sur Puerto Natales au sud de la Patagonie et aux portes de la Terre de Feu, pour aller visiter le magnifique parc Torres del Paine. C’est là que nous devons laisser repartir le groupe. Il paraîtrait qu’il y en a qui ont des obligations professionnelles et autres engagements incontournables dans leur vie en France…;-)

Les adieux sont difficiles. Après avoir passé 10 jours auprès de nos proches dans un confort devenu inhabituel, dans la facilité d’un circuit organisé où nous n’avons pas eu de décision à prendre autre que « Huevos fritos o revueltos* » pour le petit déj… c’est un peu dur de revenir à nos conditions de voyage plus spartiates, surtout pour les enfants.

Pour les réconforter et rendre la transition moins brutale, nous faisons une entorse au budget et leur préparons une surprise : une randonnée à cheval dans le parc. C’est une première pour les garçons, mais tout le monde apprécie l’expérience. Lors de ces 3h de rando en petit groupe, nous avons des points de vue magnifiques sur le parc, les lagunes, les pics de granit enneigés, les falaises qui nous surplombent. Nous circulons dans des paysages féériques dignes d’un film fantastique, le long de chemins encadrés par des arbres rabougris et desséchés par le vent, dont le bois grisé est par endroit blanchi par un lichen tombant sur nos têtes en de longs filaments… Nous en apprenons à cet occasion un peu plus sur la place importante du cheval dans la culture patagonienne. D’ailleurs par la suite, nous croiserons régulièrement des éleveurs rentrer leurs troupeaux de moutons et de vaches non pas à pied avec des chiens mais à cheval, et le troupeau n’a qu’à bien se tenir ! Efficacité remarquable…

Nous repartons ensuite pour Punta Arenas où un vol nous attend afin de retrouver nos vélos sagement rangés à l’abri près de la carretera australe. Nous ne sommes pas tout à fait d’accord sur la manière d’organiser la suite du voyage pendant les 15-20 jours qui nous restent en Patagonie avant de partir pour la Nouvelle-Zélande. Malheureusement, le climat décidera pour nous… Suite au prochain article.

Petit bonus animalier :

* Oeufs sur le plat ou brouillés ?

Par Nadège

Publié dans: Blog

4 réflexions sur “Salades et pain de Pâques à Noël

  1. Tessa dit :

    Coucou Diane je viens de regarder ton blog.J’ai bien aimé tous ces drôles d’oiseaux très jolis.Et ces plantes originales.Gros bisous 😘 😘✌️💕bon courage pour le prochain trajet.👍Tessa.

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  2. Catherine Ducos dit :

    Merci de vos nouvelles et très très bonne année à toute la famille !
    J’espère que vous continuez à apprécier le voyage et ces aléas !
    Bises !!

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  3. Anonyme dit :

    Magnifiquement bien raconté, on revit tout ! Quel talent ! Avez-vous vu les 3 tours de granit du Torres del Paine qui étaient dans les nuages quand nous y étions ?
    JM

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