Nouvelle-Zélande : easy !

Notre décollage de New-York nous avait laissé un arrière-goût amer lors de notre précédent embarquement avec les vélos. Nous avions trouvé l’épisode désagréable. Nous sommes un peu tendus cette fois-ci et résignés à ce qui nous attend. Nous prenons le temps de tout ranger et de tout nettoyer d’autant plus que nous savons les douanes néo-zélandaises particulièrement vigilantes en matière de bio-sécurité. Les bagages des passagers sont très régulièrement fouillés pour éviter la contamination de leurs îles par des espèces végétales ou bactériennes étrangères. Finalement tout se déroulera avec une simplicité presque suspecte : nous ne payons pas de supplément pour les vélos alors que nous partons avec la même compagnie que la fois précédente, nous n’avons pas de retard pour notre premier avion, nous passons nos 12h30 de vol au-dessus du Pacifique sans trop de fatigue et nous récupérons tout notre matériel à bon port à Auckland. La dame de la douane est bien sympathique et nous remercie pour l’état de propreté de nos vélos, car c’est à elle de nettoyer le matériel quand il n’est pas suffisemment propre et c’est un exercice qu’elle n’apprécie pas trop… Entrée en Nouvelle-Zélande : checked.

Cette fluidité du voyage, nous aurons l’impression de la vivre pendant tout le mois qui suivra. D’abord parce que nous avons décidé d’abandonner lâchement nos vélos pour un transport motorisé. Nous avions vraiment envie de visiter le territoire, et les paysages bosselés associés à un risque important de pluie à cette période réduisait considérablement la portée de ce que nous pouvions voir sur les deux grandes îles.  Dans un accès de conscience, nous demandons s’il est possible de changer la voiture réservée à la hâte sur internet (voir post précédent) par un véhicule nous permettant d’embarquer les vélos. « Pas de problème, je vois voir s’il y a un véhicule disponible« , nous répond l’aimable jeune homme au comptoir. Nous nous mettons alors en quête d’un porte-vélo qui nous permette d’accrocher nos cinq montures. Nous nous arrêtons chez un concessionnaire de voiture et la dame de l’accueil, après avoir passé quelques coups de fils, nous dirige vers un magasin de sport qui nous a mis de côté une barre arrière pour un prix raisonnable. Trop simple… Nouvelle-Zélande, nous allons t’aimer !

Pour ne pas avoir à en chercher d’autres au retour, nous laissons nos cartons de vélo chez les Dagonneau, famille française résidant à Auckland depuis quelques années, que nous rencontrons par l’intermédiaire de la famille Bru. Puis nous partons pour 3 bonnes semaines de vadrouille à travers l’île du Nord. Nous commençons par la presqu’île de Caramandel, où nous allons crapahuter à quatre-pattes dans l’eau d’une grotte obscure pour nous émerveiller devant des plafonds magnifiquement étoilés de vers luisants. Nous allons randonner, nous baigner dans l’océan, dans les rivières, dévaler des dunes de sable géantes. Nous allons visiter d’impressionnants sites géothermiques du côté de Rotorua : geysers fumants, boues de pétrole, sources chaudes, bassins sulfurés…

Nous révisons notre classique en vidéo et descendons jusqu’à Hobbiton où nous lâchons quelques (en fait beaucoup !) de dollars pour en savoir plus sur l’envers du décor du film mythique « Le Seigneur des Anneaux ».

Nous nous arrêtons quelques jours à proximité du lac Taupo et des superbes volcans Tongariro, Ruapehu et Ngauruhoe. Nous logeons chez Zita, Jérôme et leurs deux filles, famille française aussi installée en Nouvelle-Zélande depuis presque 20 ans. Jérôme est conservateur au DOC (Department of Conservation), agence gouvernementale en charge de la protection de la nature. Il travaille en particulier sur la protection du kiwi, l’oiseau emblématique du pays sérieusement menacé sur l’ensemble du territoire. Nous passons un très agréable séjour en leur compagnie. Les enfants s’entendent à merveille, leur maison et leur jardin ressemblent à un petit coin de paradis, nous en apprenons beaucoup sur le pays lors des agréables soirées passées avec eux.

Le dernier jour, Zita propose de passer la journée avec les enfants (pour faire des tartes aux fruits du jardin) pendant que les parents font le fameux « Tongariro Alpine crossing », l’un des « plus beaux treks du monde sur une journée ». Pour des raisons tordues de logistique, nous décidons de démarrer le trek chacun à un bout, Nadège dans le mouvement de la foule, Marc à contre-sens. Nous nous retrouvons le midi pour déjeuner en amoureux au bord des lacs Emeraude, et nous poursuivons la route chacun de notre côté, retrouvant pour quelques heures une douce solitude après ces 180 derniers jours et plus passés ensemble. Le trek traverse de grandes plaines désertiques, serpente sur un terrain volcanique encore actif, passe près de crevasses ouvertes comme des cicatrices dans les formations rocheuses, longe des sources brûlantes et des éperons fumants puis descend de l’autre côté dans la vallée pour terminer dans la forêt (ça c’est dans le sens habituel). Mais 1100m de dénivelé, c’était un peu gentillet, Marc décide de s’en rajouter 600 et d’aller faire une pointe en courant au sommet du mont Ngauruhoe, volcan mythique du Seigneur des Anneaux (le mont Doom pour les amateurs), où il renonce finalement à plonger son alliance dans le cratère… 😉 Le trek mérite bien sa réputation. Les paysages sont à couper le souffle, les photos parlent d’elles-mêmes.

 

Petit coup de mou après 6 mois de voyage en itinérance. C’est un peu dur de repartir après cette pause de quelques jours où nous n’avons pas eu besoin de planter les tentes, de préparer notre popote du soir au réchaud, de nous doucher à l’eau froide, de préparer la suite du voyage chaque jour…

Nous continuons notre descente de l’île du Nord et arrivons du côté de l’agréable capitale Wellington. La facilité à nous déplacer nous permet d’écumer les musées, nous faisons le plein d’informations sur le pays, sur les sciences, sur un peu tout et n’importe quoi. Nous nous régalons, car le pays regorge de sites gratuits ou à bas prix.

A Wellington, nous apprenons que le ferry pour passer sur l’île du Sud est complet pour plusieurs jours.  En même temps, nous sentons que nous ne voulons pas nous imposer 2000 km de voiture supplémentaires pour suivre le parcours des touristes pressés par le temps, voulant rentabiliser -à juste titre- leur voyage à l’autre bout du monde en remplissant leurs journées et leurs souvenirs d’images spectaculaires de glaciers, de montagnes et de landes à perte de vue. Revenant d’Amérique du Sud, nous avons déjà eu cette chance d’en avoir pris plein les yeux. Le voyage à vélo nous a donné le goût de la lenteur, et nous préférons passer le temps qu’il nous reste à nous balader sur l’île du Nord pour la sentir un peu mieux encore, car nous l’apprécions… Nous remontons du côté de Napier et enchaînons quelques randonnées à vélo au milieu des vignobles et des vergers de pommiers. Nous passons par Taupo et longeons en voiture la rivière Waikato quasiment jusqu’à Auckland. De retour là-bas, Marc en profite pour aller visiter le labo d’un de ses collaborateurs de travail récemment installé. Nous passons notre dernière soirée néo-zélandaise en compagnie des Dagonneau, qui nous reçoivent comme des rois. Décollage le lendemain matin pour l’Australie !

Ce séjour en Nouvelle-Zélande sera probablement l’un des passages préférés de notre tour du monde, pour toute la famille. Bon il est vrai que nous nous serions bien passés des sandflies que nous avons cherché à fuir quasiment tous les jours (petits moucherons dont les piqûres démangent terriblement). Mais dans l’ensemble, nous avons apprécié la douceur du pays, la simplicité à y vivre en tant que visiteurs, la qualité et la propreté des infrastructures, la grande variété des sites d’intérêt, leur mise en valeur et leur entretien. Au delà de cette vision touristique, nous avons aussi été intrigués par l’effort visible du peuple néo-zélandais à vouloir construire une culture commune, dont ils se sentent fiers. Nous sommes restés trop peu de temps pour être exposés au verso de l’histoire, mais nous avons été surpris de la manière dont les cultures maorie et occidentale s’entremêlent, donnant à l’ensemble une cohérence convaincante. Et si nous comprenons que le tableau n’est pas parfait, nous trouvons remarquable cette capacité à vouloir « tendre vers le mieux ». Un peu à l’image du système éducatif, assez éloigné du nôtre, qui a pour mission première de donner aux enfants confiance en eux. Pas de notes, pas de devoirs, pas d’évaluation nationale, peu de matières imposées (anglais et maths en gros). C’est à l’enfant de cultiver sa curiosité en choisissant des activités selon ses centres d’intérêt. Les enfants travaillent par période (souvent mensuelle) sur un projet choisi. L’évaluation individualisée met plus l’accent sur la réflexion que l’enfant a montré au cours du travail que sur le contenu final, à grand renfort de « wonderful » et « amazing », qui peuvent paraître exagérés mais qui participent sûrement au fait que la grande majorité des enfants adorent aller à l’école ici. Les enfants ne sont d’ailleurs pas nécessairement classés par groupe d’âge mais par niveau d’apprentissage. Les écoles et les enseignants ont une grande liberté sur les contenus des enseignements, adaptables au profil culturel des enfants. Cela peut évidemment paraître un peu léger avec notre vision de français, et en effet, le niveau théorique semble inférieur à celui que l’on connaît en France, au moins en maths dans les établissements publics. Il est probable que ce système ne convienne pas non plus à tous les enfants, qui parfois ont besoin d’être un peu encadrés voire poussés… Cela pose aussi bien d’autres questions en terme d’égalité à l’échelle du territoire, d’évaluation etc… Toutes ces problématiques que nous connaissons bien chez nous. Et pourtant, cela mène à réfléchir… Pour caricaturer, qu’est ce qui est le plus important, être bien dans ses baskets ou avoir une tête bien remplie ? Nous ne nous risquerons pas à donner de réponse à l’emporte-pièce. Aucun système n’est parfait, et en tant qu’enseignants par intérim cette année, nous comprenons que le métier est loin d’être facile ! Les enfants n’ont jamais été aussi contents de retrouver leur école et leurs « vrais » enseignants l’année prochaine !

 

Par  Nadège

 

 

 

 

Publié dans: Blog

7 réflexions sur “Nouvelle-Zélande : easy !

  1. Pierre M. dit :

    La photo de ce « beau » gros paquebot etait sûrement un petit clin d’oeil a vos lecteurs nazairiens, n’est ce pas ? 😋. Bises

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  2. Les Jibôde dit :

    Un petit coucou rapide pour vous remercier de partager cette expérience. Même si nous ne commentons pas toujours, nous suivons assidument. nous sommes ravis de voir que tous profitent pleinement de l’expérience et élargissent leurs horizons au sein du noyau familiale. Les enfants chez nous commencent à parler de tour du monde… gosh.

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  3. CHABIN dit :

    Après les plaisanteries….du sérieux !!!
    Sommes toujours contents de vous lire et de vous voir par photos…….mais, en plus, désormais, nous avons les grands-parents à « portée de main » !!!!!
    Bises et amitiés à vous 5.

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  4. CHABIN dit :

    Pour un toulousain……même pas un petit mot sur le rugby néozélandais ??????
    Bon..tant pis.
    Amitiés des Chabin.

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    • Marc Macé dit :

      Ah non, foot ou rugby c’est pas notre truc ! Mais on a vu qu’il y avait pas mal de terrains, même dans les petits villages.

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  5. Macé dit :

    Très beau texte. Très agréable à lire, comme d’habitude. Un grand merci pour cette relation de votre voyage en NZ.
    JM

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  6. Pierre dit :

    La N-Z, une de nos destinations espérées, qui sait, dans quelques années peut-être. Le retour sur les vélos en Australie n’a pas été trop traumatisant?

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