Notre tour du monde des animaux (par Diane)

Au cours de ce voyage, nous avons eu beaucoup de chance car nous avons croisé beaucoup d’animaux. Certains de ces animaux, je ne les connaissais pas du tout parce qu’ils n’habitent pas en France.

Au Canada, nous avons vu beaucoup d’écureuils : les « squirrels » qui habitent dans le pays depuis longtemps et les écureuils gris qui ont envahi leurs territoires. Je m’amusais à appeler ceux-là les « méchants » écureuils. Nous avons aussi vu des baleines, des phoques et des dauphins lors d’une excursion sur le fleuve Saint Laurent. En vélo, j’ai aperçu deux chiens de prairie, mais ma famille n’a pas eu le temps de les voir.

Au Pérou et en Bolivie, nous avons bien sûr vu beaucoup de lamas ! Mais contrairement à ce que l’on dit, nous n’en avons jamais vu cracher. Nous en avons aussi mangé, car c’est un plat courant dans ces pays. Nous avons vu aussi des alpagas, dont on exploite la laine. En Bolivie, nous avons croisé des groupes de vigognes. Ce sont des animaux plutôt élégants, avec un long cou fin, qui ressemblent à des biches mais qui sont de la même famille que les lamas. Nous avons aussi aperçu des nandous, cousins de l’autruche. Et en descendant les Andes, j’ai aperçu dans le ciel des condors.  Mais surtout, nous avons vu beaucoup beaucoup de chiens ! La plupart sont sauvages et peuvent être agressifs avec les cyclistes ! Je n’ai pas du tout aimé les croiser.

Au Chili, les paysages sont un peu différents, les animaux aussi. En Patagonie, nous avons vu des vautours de différentes espèces :  vautours noirs, condors, vautours aura à tête rouge… On pouvait les différencier en regardant leur taille, la couleur de leurs ailes et de leur tête. Au sud, nous avons vu des manchots ! Plusieurs fois aussi, nous avons aperçu des otaries et dauphins en longeant les côtes. Nous avons aussi vu des guanacos, cousins des lamas. Une fois, nous avons fait une balade sur des chevaux de Patagonie. Ils s’appellent des « criollos ». Ce sont des chevaux solides et musclés, un peu plus petits que la moyenne, capables de résister au climat extrême de la région.

En Nouvelle-Zélande, j’ai eu la chance de voir un bébé kiwi ! Il est né dans un centre de conservation, et il allait être relâché dans la forêt. J’ai appris beaucoup de choses sur la conservation des espèces en Nouvelle Zélande. J’ai d’ailleurs fait un exposé pour ma classe là-dessus. Papa et Maman ont aussi vu des wetas, ces sortes de sauterelles géantes qui n’habitent qu’en Nouvelle-Zélande. Ils sont allés les voir de nuit à la lampe torche dans des trous creusés dans la falaise. Cela ressemblait à des araignées géantes, beurk ! En langue Maori, « weta » veut dire « dieu des choses laides » ! Dans ce pays, il y a aussi beaucoup d’oiseaux, dont certains sont en voie de disparition. Nous avons en particulier croisé le « blue duck » et le « kokako ».

En Australie, nous avons vu des koalas, mais pas de kangourous sauf dans un parc. Ils ont des cuisses très musclées. En vélo, nous avons vu pas mal de groupes de chauves-souris géantes, qui sont aussi très actives le jour. On les appelle là-bas des « renards volants à tête grise » ou encore des megabats. Elles sont impressionnantes car elles mesurent plus de 1,5 m d’envergure ! Nous avons vu aussi beaucoup d’oiseaux comme les cacatoès, les pélicans et les kookaburras.

Au Japon, nous avons vu des biches dans les parcs et des macaques japonais.

En Thaïlande, nous avons vu le long de la route des zébus et des buffles dans les champs, beaucoup de coqs, de poules et leurs poussins près des maisons. Lors de notre baptême de plongée, j’ai vu des jolis poissons colorés et même des petits requins. Comme en Amérique Latine, il y avait beaucoup de chiens sauvages.

En Malaisie, nous avons croisé en vélo beaucoup de reptiles ! Des varans, des lézards, des geckos et des serpents ! Dans un parc à reptiles, j’ai même porté un python sur mes épaules. Leur peau est drôlement agréable !  Nous avons aussi vu beaucoup de macaques sur le bord de la route, dans la jungle ou dans les palmiers à huile. Il y en a même un qui a sauté entre deux arbres, par dessus la route, juste devant nos vélos. Il sont très habiles !

 

Par Diane

La Malaisie entre rizières et palmiers

A l’approche de la frontière malaisienne, nous observons un changement progressif dans l’environnement. Depuis la route nous apercevons des joggeurs dans des parcs bien entretenus et aménagés pour le loisir sportif. Des armées de cantonniers munis de leurs débroussailleuses dégagent les bas-côtés des routes sur lesquels l’herbe a vite fait de repousser dans la chaleur et l’humidité tropicale. Des panneaux de publicité vantant le dernier appareil numérique succèdent aux panneaux mettant en scène de jeunes femmes voilées faisant la promotion de produits de beauté. Et indice ô combien révélateur de notre retour à la civilisation normalisante : sur les murs d’enceinte des entreprises apparaissent ça et là des panneaux indiquant leurs certifications ISO…

Carte Malaisie 1

Trajet Padang Besar – Kuala Lumpur

Après la frontière, nous poursuivons notre route sur les chemins bordés de plantations d’hévéas et de cocotiers ; nous sommes encore au nord du pays. Puis progressivement apparaissent les champ inondés qui accueilleront bientôt les plants de riz. Le reflet des nuages sur ces grands plans d’eau nous offre de magnifiques spectacles mouvants. Quand nous le pouvons, nous suivons des sentiers le long des canaux d’irrigation, à travers des paysages mêlant le vert éclatant des feuilles de bananiers à la couleur cuivrée des terres arables. Dans la région du Kedah, grenier à riz du pays, nous faisons un arrêt pour visiter le musée consacré à cette culture. Un peu plus loin, nous nous arrêtons dans un parc de reptiles, où les enfants auront le courage de toucher et porter de gros pythons sur leurs épaules !

Nous descendons sur la côte ouest du pays jusqu’à l’île de Penang, ancien port commercial britannique dont l’architecture coloniale est encore visible dans la diversité culturelle contemporaine. La ville de Georgetown, comme d’autres que nous visiterons par la suite, s’est développée autour de plusieurs centres névralgiques rassemblant la communauté indienne à Little India, chinoise à Chinatown, et malaise dans d’autres quartiers. L’immeuble populaire où nous logeons pendant cette visite est une bonne illustration de cette mixité ethnique : nos voisins de paliers sont de toutes ces communautés et communiquent entre eux avec un bagage minimal dans chaque langue. La Malaisie est en effet un pays atypique qu’il n’est pas forcément facile de saisir. La communauté majoritaire, malaise, est musulmane. Les postes de fonctionnaires et de représentation d’état leur sont réservés. La communauté chinoise qui représente environ 25% de la population tire les rênes économiques du pays mais leurs droits sont limités. Nous croisons la communauté indienne, qui représente environ 10% de la population et qui paraît en moyenne plus modeste, dans les plantations que nous longeons. Tout au long de la route, se succèdent mosquées, temples bouddhistes chinois, temples hindous et parfois quelques églises chrétiennes.

Un soir peu après notre arrivée en Malaisie, nous dormons chez Yuki et ses deux enfants, de la communauté chinoise. Ses enfants sont scolarisés à l’école chinoise, où ils apprennent à lire et écrire le mandarin. Yuki parle elle-même quelques mots de malais, et comme beaucoup de malaisiens, se débrouille assez bien avec l’anglais, langue résiduelle de la colonisation britannique et aujourd’hui langue commune aux trois communautés. Alors que nous lui demandons maladroitement si elle a encore des liens familiaux avec la Chine, elle nous reprend en insistant sur le fait qu’elle est avant tout malaisienne : « Malaysian, from the Chinese community ». Yuki nous reçoit avec beaucoup de générosité et continuera à prendre des nouvelles pendant la suite de notre trajet malaisien.

Une autre fois, nous dormons chez une famille de la communauté malaise. Sezilin et Mariana ont trois enfants scolarisés aussi à l’école chinoise. Pour leurs parents, il est important que les enfants apprennent le mandarin pour pouvoir se débrouiller plus tard dans le monde des affaires. A notre arrivée, les parents sont absents et la nounou ne parle pas un mot d’anglais ; ce sont les enfants qui traduisent ! A 7 et 8 ans, ils ont déjà une bonne maîtrise de la langue. De plus en plus convaincus de l’importance d’apprendre les langues pour communiquer, Pauline, François et Diane nous affirment avec force conviction que leurs enfants à eux parleront anglais dès le plus jeune âge, qu’ils les forceront s’il le faut, et même s’ils râlent ! No comment… 😉

A Penang, nous passons aussi un excellent moment avec nos deux premiers et uniques cyclos rencontrés en Asie du Sud-Est, Benita et Alain, de Bâle. Nous les avions déjà croisé sur l’île de Koh Tao en Thaïlande… Quelle joie de pouvoir partager l’excitation et les (més-)aventures du cyclotourisme avec des vadrouilleurs connaisseurs !

Nous continuons notre route vers le sud, et rentrons un peu dans les terres pour rejoindre les montagnes de Cameron Highlands. Nous laissons les vélos à Ipoh et prenons le bus pour rejoindre la vallée rendue célèbre pour ses plantations de thé, recouvrant les vallons en une verte couverture quadrillée. Si nous apprécions la visite des plantations, spectaculaire effectivement, nous réalisons à quel point le tourisme de masse défigure les lieux en faisant pousser des blocs de bâtiments comme d’affreux champignons de béton gris. Et toutes les vallées alentour sont recouvertes de serres plantées à flanc de colline, pour faire pousser des fraises, des légumes, et encore des fraises pour les amateurs chinois. Cette urbanisation abusive inquiète les locaux qui ont vu la région se détériorer en quelques années. Déjà les sentiers de la « forêt moussue », réputée pour ses paysages féériques, sont en grande partie fermés pour limiter la dégradation irrémédiable. Une occasion supplémentaire pour discuter avec les enfants de l’impact des activités humaines sur l’environnement…

Environnement qui d’ailleurs se défend comme il le peut ! Un jour que François part dans les taillis soulager sa condition naturelle, nous le voyons sortir en courant, en battant des bras et des jambes jusqu’à nous… Le pauvre en sort paniqué, piqué par des guêpes et surtout assailli par des sangsues qui tombaient des arbres et lui grimpaient sur les pieds (protégés par des tongs, évidemment) ! Sur le moment, l’heure n’était pas à la rigolade, mais tout le monde gardera cette scène cocasse en mémoire ! Finalement, cet événement nous dissuade d’aller jusqu’à la réserve de Taman Negara connue pour ses trecks aventuriers au cœur de la forêt primaire… Paraît-il que les sangsues y sévissent goulûment ! 😦

Nous reprenons donc nos vélos pour descendre vers Kuala Lumpur, la capitale. Sur le chemin, nous traversons des plantations de palmiers à huile. La Malaisie est le premier exportateur d’huile de palme avec l’Indonésie. Le pays a beaucoup investi dans le développement de ces plantations qui occupent une grande surface du territoire, remplaçant les anciennes plantations d’hévéas ou la forêt primaire détruite pour l’occasion. Face à la réticence des pays occidentaux qui commencent à freiner la consommation d’huile de palme dans l’industrie agroalimentaire, la Malaisie fait pression… Une grande partie de l’économie en dépend.

Un peu plus au sud, nous quittons cette zone de monoculture et traversons une région agricole beaucoup plus diversifiée : les bananiers se mêlent aux papayers, les citronniers sont plantés près des manguiers, le manioc longe les canaux d’irrigation, les habitants cultivent sur des petites parcelles du maïs, du riz, du gombo, des concombres, des pastèques… Jolis paysages, nous avalons les kilomètres.

A l’approche de Kuala Lumpur, la circulation se densifie. Nous traversons des kilomètres de zones en construction où des milliers de maisons sortent de terre simultanément. Nous ne sommes pas très à l’aise, les bandes de sécurité sont très étroites sur les routes malaisiennes et les voitures, souvent bien entretenues, circulent vite sur les axes routiers. Nous sommes pressés d’arriver à bon port chez la famille d’expatriés français qui nous accueille pour un long week-end…

A suivre !

 

Par Nadège

Iles paradisiaques et descente express

Embarquement sur les chapeaux de roues pour l’île de Koh Tao située dans le golfe de Thaïlande. Il faut défaire les paniers pour charger les vélos par l’étroite passerelle mais ça se fait facilement avec l’aide de l’équipage. Trajet rapide en catamaran autour de 50 km/h pour relier Koh Tao. Mer plate heureusement ; il parait que sinon ça tape sérieusement. Une fois débarqués sur l’île, on est surpris par la densité du trafic de scooters. D’habitude, il n’y a que des locaux en scooter, mais avec les rues étroites et pentues, la plupart des touristes se déplacent aussi en scooter. Un peu dangereux pour les piétons et les cyclistes mais on a un peu d’expérience maintenant.

Trajet Chumpon-Padang Besar.jpg

A part la circulation, l’île est vraiment paradisiaque. Des plages de fin sable blanc, de grands blocs de granit qui descendent jusque dans la mer et la jungle qui recouvre les hauteurs. Joli décor pour un coucher de soleil le premier soir, les pieds dans l’eau et les yeux sur l’horizon. Nous aurons le plaisir d’explorer les fonds sous-marins en masque-tuba pendant toute la journée suivante. Facile de comprendre pourquoi l’île est si réputée auprès des plongeurs. Nous observons toutes sortes de poissons tropicaux qui vivent à quelques mètres du bord au milieu des coraux, des anémones et des bénitiers géants. Quelques requins également, mais trop petits pour donner des frissons.

C’est ensuite le grand moment du baptême de plongée. Nous avons choisi un club français pour que la communication soit plus simple entre l’instructeur et les enfants. Diane redoute un peu mais parvient à vaincre son appréhension et descendre à 2-3 m. Difficile pour elle de rester au fond : elle préfère remonter après chaque poisson pour commenter ce qu’elle vient de voir ! Nadège n’est pas la plus motivée pour apprendre à respirer sous l’eau, mais elle s’en tirera avec brio ; il faudra juste lui épargner la seconde plongée, plus profonde, que j’effectue avec François et Pauline. Ils ont été à l’aise tout de suite et ont bien profité du spectacle.

Après 3 jours sur Koh Tao, direction Koh Samui pour terminer notre semaine de vacances sans trop de pédalage. François aura sa dose d’adrénaline dans un toboggan-tremplin qui envoie suffisamment haut dans les airs pour qu’on ait pas envie de rater son entrée. Ce que fera Pauline qui sera vaccinée en un seul essai. La vidéo est à la fois drôle et douloureuse à regarder :-). Diane perfectionne ses plongeons à la piscine de l’hôtel qui finissent par être parfaits. Mais l’appel du vélo nous tire de notre farniente, surtout que notre visa expire une semaine plus tard et que ça nous ennuie de payer pour le renouveler.

Nous ne sommes pas mécontents de quitter les sites touristiques et de retrouver une région où nous pouvons côtoyer les habitants dans leur mode de vie habituel. C’est d’ailleurs ce qui nous décide à poursuivre vers l’est au lieu de rejoindre la côté ouest et ses célèbres Phuket, Krabi et Kho Lanta. S’en suit une descente rapide le long de la côte. Un petit obstacle en relief, une piste qui n’est pas censée exister puis une longue plage (150 km quand même !) décorée d’éoliennes. Nous longeons sur plusieurs jours des élevages de crevettes avec leur roues à aube caractéristiques. Et pour fêter notre 16ème anniversaire de mariage, les enfants nous font la joie de se dépasser et de battre notre record bolivien pour franchir 106 km dans la journée ! (ou est-ce parce qu’on a parlé d’un hôtel un peu plus confortable que les guest-houses où nous logeons d’habitude ?). En tout cas le mérite leur revient entièrement parce que les parents n’auraient pas poussé autant avec ce niveau de chaleur. Cette semaine est en effet la plus chaude de l’année, et plusieurs fois nous devrons rouler sur des routes en plein soleil, aucune végétation pour nous protéger, avec un thermomètre dépassant probablement les 50° au soleil…

A l’approche de Songkla, nous mettons le clignotant vers la droite. La zone dans laquelle nous nous trouvons est barbouillée en rouge sur la carte du Ministère français des affaires étrangères. La faute à un conflit larvé entre le pouvoir central et les quatre régions autonomistes du sud-est rattachées sur le tard à la Thaïlande. Après la ville de Hat Yai, nous filons vers le passage frontière de Padang Besar. Pour terminer cette dernière journée thaïlandaise en beauté, Nadège nous fait une belle frayeur : dans sa position en queue de peloton, elle ne voit pas le petit billot de bois que François vient d’éviter de justesse et fait un arrêt brutal de 18 à 0 km/h… Remarquable chute qui n’abîme même pas le vélo et qui lui vaudra à peine quelques égratignures mais de belles courbatures le lendemain.

A l’approche de la Malaisie, temples bouddhistes et mosquées se succèdent le long de la route. Dommage que la dernière personne que nous croiserons en Thaïlande soit Karaba la sorcière en personne. La responsable du poste de douane qui nous reçoit est l’antithèse de toute la bonne humeur rencontrée au cours de notre séjour dans le pays. Ce n’est pas peu dire ! Elle insiste pour nous recevoir un à un dans son bureau, y compris Diane sur qui elle hurle -littéralement- dans un anglais approximatif quand elle s’aperçoit que nous avons égaré l’un de ces ridicules bouts de papier fournis à l’entrée dans le pays. Marc déboule dans le bureau pour extraire sa fille de la cage au lion. A coup de grand sourire (ce sera notre leçon thaïlandaise), nous arriverons à arracher le fameux tampon sur le passeport de Diane qui nous permet de poursuivre la route. Bien dommage de quitter le pays là-dessus. Mais ça ne fait rien, comment pourrait-elle effacer tous ces sourires et ces gentillesses que nous avons reçus en un mois de pédalage en Thaïlande ?

Devant nous, la Malaisie et déjà ces mêmes sourires et salutations sonores le long de la route.

 

Par Marc