Iles paradisiaques et descente express

Embarquement sur les chapeaux de roues pour l’île de Koh Tao située dans le golfe de Thaïlande. Il faut défaire les paniers pour charger les vélos par l’étroite passerelle mais ça se fait facilement avec l’aide de l’équipage. Trajet rapide en catamaran autour de 50 km/h pour relier Koh Tao. Mer plate heureusement ; il parait que sinon ça tape sérieusement. Une fois débarqués sur l’île, on est surpris par la densité du trafic de scooters. D’habitude, il n’y a que des locaux en scooter, mais avec les rues étroites et pentues, la plupart des touristes se déplacent aussi en scooter. Un peu dangereux pour les piétons et les cyclistes mais on a un peu d’expérience maintenant.

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A part la circulation, l’île est vraiment paradisiaque. Des plages de fin sable blanc, de grands blocs de granit qui descendent jusque dans la mer et la jungle qui recouvre les hauteurs. Joli décor pour un coucher de soleil le premier soir, les pieds dans l’eau et les yeux sur l’horizon. Nous aurons le plaisir d’explorer les fonds sous-marins en masque-tuba pendant toute la journée suivante. Facile de comprendre pourquoi l’île est si réputée auprès des plongeurs. Nous observons toutes sortes de poissons tropicaux qui vivent à quelques mètres du bord au milieu des coraux, des anémones et des bénitiers géants. Quelques requins également, mais trop petits pour donner des frissons.

C’est ensuite le grand moment du baptême de plongée. Nous avons choisi un club français pour que la communication soit plus simple entre l’instructeur et les enfants. Diane redoute un peu mais parvient à vaincre son appréhension et descendre à 2-3 m. Difficile pour elle de rester au fond : elle préfère remonter après chaque poisson pour commenter ce qu’elle vient de voir ! Nadège n’est pas la plus motivée pour apprendre à respirer sous l’eau, mais elle s’en tirera avec brio ; il faudra juste lui épargner la seconde plongée, plus profonde, que j’effectue avec François et Pauline. Ils ont été à l’aise tout de suite et ont bien profité du spectacle.

Après 3 jours sur Koh Tao, direction Koh Samui pour terminer notre semaine de vacances sans trop de pédalage. François aura sa dose d’adrénaline dans un toboggan-tremplin qui envoie suffisamment haut dans les airs pour qu’on ait pas envie de rater son entrée. Ce que fera Pauline qui sera vaccinée en un seul essai. La vidéo est à la fois drôle et douloureuse à regarder :-). Diane perfectionne ses plongeons à la piscine de l’hôtel qui finissent par être parfaits. Mais l’appel du vélo nous tire de notre farniente, surtout que notre visa expire une semaine plus tard et que ça nous ennuie de payer pour le renouveler.

Nous ne sommes pas mécontents de quitter les sites touristiques et de retrouver une région où nous pouvons côtoyer les habitants dans leur mode de vie habituel. C’est d’ailleurs ce qui nous décide à poursuivre vers l’est au lieu de rejoindre la côté ouest et ses célèbres Phuket, Krabi et Kho Lanta. S’en suit une descente rapide le long de la côte. Un petit obstacle en relief, une piste qui n’est pas censée exister puis une longue plage (150 km quand même !) décorée d’éoliennes. Nous longeons sur plusieurs jours des élevages de crevettes avec leur roues à aube caractéristiques. Et pour fêter notre 16ème anniversaire de mariage, les enfants nous font la joie de se dépasser et de battre notre record bolivien pour franchir 106 km dans la journée ! (ou est-ce parce qu’on a parlé d’un hôtel un peu plus confortable que les guest-houses où nous logeons d’habitude ?). En tout cas le mérite leur revient entièrement parce que les parents n’auraient pas poussé autant avec ce niveau de chaleur. Cette semaine est en effet la plus chaude de l’année, et plusieurs fois nous devrons rouler sur des routes en plein soleil, aucune végétation pour nous protéger, avec un thermomètre dépassant probablement les 50° au soleil…

A l’approche de Songkla, nous mettons le clignotant vers la droite. La zone dans laquelle nous nous trouvons est barbouillée en rouge sur la carte du Ministère français des affaires étrangères. La faute à un conflit larvé entre le pouvoir central et les quatre régions autonomistes du sud-est rattachées sur le tard à la Thaïlande. Après la ville de Hat Yai, nous filons vers le passage frontière de Padang Besar. Pour terminer cette dernière journée thaïlandaise en beauté, Nadège nous fait une belle frayeur : dans sa position en queue de peloton, elle ne voit pas le petit billot de bois que François vient d’éviter de justesse et fait un arrêt brutal de 18 à 0 km/h… Remarquable chute qui n’abîme même pas le vélo et qui lui vaudra à peine quelques égratignures mais de belles courbatures le lendemain.

A l’approche de la Malaisie, temples bouddhistes et mosquées se succèdent le long de la route. Dommage que la dernière personne que nous croiserons en Thaïlande soit Karaba la sorcière en personne. La responsable du poste de douane qui nous reçoit est l’antithèse de toute la bonne humeur rencontrée au cours de notre séjour dans le pays. Ce n’est pas peu dire ! Elle insiste pour nous recevoir un à un dans son bureau, y compris Diane sur qui elle hurle -littéralement- dans un anglais approximatif quand elle s’aperçoit que nous avons égaré l’un de ces ridicules bouts de papier fournis à l’entrée dans le pays. Marc déboule dans le bureau pour extraire sa fille de la cage au lion. A coup de grand sourire (ce sera notre leçon thaïlandaise), nous arriverons à arracher le fameux tampon sur le passeport de Diane qui nous permet de poursuivre la route. Bien dommage de quitter le pays là-dessus. Mais ça ne fait rien, comment pourrait-elle effacer tous ces sourires et ces gentillesses que nous avons reçus en un mois de pédalage en Thaïlande ?

Devant nous, la Malaisie et déjà ces mêmes sourires et salutations sonores le long de la route.

 

Par Marc