Retour au bercail : partie 1

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Début juin, nous démontons nos vélos une dernière fois pour le trajet de retour vers la France. 36h de trajet qui se déroulent encore une fois sans encombre : voyageurs et matériel débarquent à Roissy prêts à poursuivre la route sur l’asphalte français.

Pendant que nous remontons vos vélos à la sortie de l’aéroport, nous avons un moment de panique en réalisant qu’un sac à dos a soudain disparu… Trompés par nos peurs de la filouterie « à la française » et embarqués dans un scénario de vol particulièrement crédible, nous passons plusieurs heures à courir après les agents dans l’aéroport pour pister d’imaginaires voleurs. Finalement, c’est aux objets trouvés que nous récupérerons le fameux sac mis sous scellés, non pas volé mais oublié en salle des bagages par une puce bien fatiguée par le voyage… Nous avons passé dix mois quasiment sans embrouille ni insécurité à l’étranger, il nous aura fallu une heure chez nous pour tomber dans le piège de la peur de l’autre !

En fin d’après-midi, nous sommes enfin prêts à reprendre la route. La sortie de l’aéroport se fait plus facilement que nous ne le redoutions. 5 km après les grands axes, nous sommes déjà plongés dans la campagne picarde. Et là, un flot d’émotions nous submerge, nous nous en souviendrons longtemps. Certes nous étions contents de revenir à la maison, mais nous sommes surpris lors de ces premières journées de pédalage d’observer chez chacun d’entre nous des réactions fortes et sincères : les champs de céréales encore verts nous émerveillent, nous nous imprégnons avec plaisir de l’odeur des foins et du parfum des rosiers grimpant sur les maisons de pierre… Nous apprécions les jardins bien entretenus, les trottoirs et la vue dégagée tout au long de notre passage… Nous retrouvons une esthétique qui nous touche profondément et stimule chacun de nos sens : qu’il est bon de rouler chez nous !

Les premières régions que nous traversons nous en donnent plein les yeux. Nous longeons des voies vertes presque neuves qui nous protègent en partie de la pluie de fin de printemps. Les kilomètres défilent sur les collines normandes colorées de bleu par les champs de lin. Nous traversons de jolis villages aux maisons à colombage. Nous prenons la route des chaumières et admirons avec chauvinisme l’architecture française mise en valeur par les jardins fleuris.

Nous retrouvons avec plaisir la famille au bord de la route. Dans l’Oise, nous nous arrêtons chez le papa de Nadège et laissons passer de gros nuages pluvieux. Dans l’Eure, nous nous arrêtons quelques jours chez sa soeur pour des retrouvailles émouvantes avec leur maman. Nous rencontrons le dernier petit né de la famille qui fait craquer petits et grands.   

Nous faisons aussi de belles rencontres au cours de cette section de route. Le réseau Warmshower en France est particulièrement actif et accueillant. Nous passons de délicieuses soirées chez Olivier, éclusier à Creil, chez Fabien et Marion à Evreux, chez Elisabeth et Arnaud à Honfleur, chez Marianne et Léonore puis Christine et ses filles près de Caen… Sur la côte des havres du Cotentin, nous sommes reçus dans la famille d’Anne et Ronan, nous nous sentons tellement bien que nous y restons deux jours ! Merci à tous ces hôtes dont l’accueil généreux nous a touché et aidé à revenir peu à peu « chez nous ».

Nous avons l’impression de (re ?) découvrir notre pays. Le voyage à vélo nous permet d’explorer des parties du territoire que nous n’aurions pas vues en voiture, soit parce que l’on circule sur les petites routes du réseau tertiaire, soit parce que nous prenons des pistes cyclables, nombreuses et bien aménagées dans ces régions mais assez mal connues parfois même par les locaux. Nous passons plusieurs jours à longer les côtes du débarquement. Nous visitons musées, mémorial et cimetières. Nous faisons des pauses face aux plages où s’est déroulée la grande scène qui a marqué l’histoire de notre continent. Les enfants sont touchés, perçoivent selon leur âge l’importance de cet épisode et le devoir de mémoire.

Paradoxalement le retour en France, si joyeux au départ, est suivi chez les enfants d’une envie exacerbée de rentrer immédiatement « à la maison », à Toulouse. Réalisant qu’il reste encore plusieurs semaines de pédalage avant de retrouver les copains et le confort d’une vie plus stable, la fratrie fait bloc. Les parents essuient une mutinerie mémorable au fin fond d’un village normand. Les armes habituelles ne fonctionnent plus. Les « Regardez comme c’est beau ! » ou « C’est génial d’être ici ! » ou encore « Ce midi, pain frais et fromage ! » n’ont plus rien de convaincant. Les troupes réclament matelas et permission. Heureusement, les renforts arrivent, nous retrouverons sous peu Huguette et Daniel que nous avions rencontrés au Pérou… Quelques jours de pédalage en commun avec ce couple d’éternelle bonne humeur va bien soulager les parents au bord de l’armistice… Suite dans l’épisode 2.

 

Par Nadège.

Publié dans: Blog

Une réflexion sur “Retour au bercail : partie 1

  1. Caroline et Xavier dit :

    Ben me voilà toute émue de lire votre récit du retour en terre française…comme si tout plein de ces belles émotions d’il y a quelques années remontaient à la surface….que c’est précieux de partager en famille ce regard à nouveau candide et émerveillé sur notre quotidien. Préservez le, il n’est confié qu’aux jeunes enfants en général : allez cure de jouvence pour toute la famille !!!
    Au plaisir de vous revoir bientôt.

    J'aime

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