Retour au bercail… on y est !

C’est le dernier article de cette aventure et… il a un peu tardé à venir ! C’est le sort classique réservé à la dernière part qui ne s’assume pas ! D’autant plus que le mois d’août a été bien chargé par la logistique de la réinstallation…

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Dans l’article précédent, nous achevions notre traversée de la Normandie. Les enfants n’ayant jamais visité le Mont Saint-Michel, nous mettons le cap dans cette direction. François a ce jour là une méchante migraine ophtalmique qui nous oblige à nous poser une bonne partie de la journée sur un pré-salé au milieu des moutons. Nous arrivons sur le site en fin d’après-midi, le flot touristique se déverse en sens inverse et nous laisse le champ libre pour une visite au calme.

Le soir même, nous retrouvons avec émotion Huguette et Daniel, que nous avions rencontrés au Pérou et croisés à plusieurs reprises sur les hauts plateaux andins. Huguette et Daniel nous font la joie de venir nous rejoindre depuis la région du Mans pour pédaler ensemble. Pendant ces deux journées partagées, nous descendons tranquillement vers Rennes. Marc assure en nous guidant à travers de jolies petites routes de la campagne bretonne, et l’éternelle bonne humeur de nos amis donne le sourire aux enfants, bien pressés de rejoindre au plus vite la destination finale.

Nous les quittons au moment de virer à l’ouest pour rejoindre la presqu’île de Quiberon où les parents de Marc ont élu domicile pendant notre périple à l’étranger. Les enfants sont tellement motivés qu’ils décident un midi sur un coup de tête de mettre le turbo au milieu des vallons bretons pour arriver avant la nuit : 126 km, record éclaté !

Nous échappons à la canicule qui écrase la France (vive la Bretagne !). Après quelques jours de repos et de retrouvailles dans ces lieux familiers, nous reprenons la route vers la rivière de Cra’ch où nous retrouvons cette fois la famille Bru au complet. Et nous avons bien conscience de ce que représente pour la famille cette échappée rajoutée à leur agenda boursouflé de début juillet ! En divisant les emplois du temps des uns et des autres, en se séparant en deux groupes, en préparant le matériel la semaine avant, en embarquant cinq vélos pour 800 km dans une voiture plein à craquer, toute la famille se retrouve chez une tante pour remonter les vélos et accueillir cette pause bienvenue qui les projette un an en arrière, lorsque eux-mêmes étaient sur les routes du monde… Nous sommes heureux de partager quelques moments de notre aventure avec cette famille qui nous a inspiré ce voyage… Notre joyeuse équipée à dix traverse tranquillement les routes du Morbihan. Les enfants partagent leurs souvenirs, les parents débriefent et partagent leurs émotions, la logistique de groupe se déroule avec facilité et bonne humeur… Cinq petites journées qui passent à une vitesse folle et nous conduisent chez le frère jumeau de Marc près de Saint Nazaire. Nous laissons repartir la famille Bru qui se laisse de nouveau happée par le vent de folie de la logistique estivale. Ce qui n’est pas pour rassurer Nadège, un peu inquiète de retrouver bientôt ce rythme imposé… Si seulement les tours de pédale pouvaient l’emmener en sens inverse !

Les enfants cousinent pour un long week-end, et nous annoncent clairement au moment du départ que cette fois, c’est fini la rigolade, il va falloir accélérer pour rentrer très vite à Toulouse. Attention les parents, vous n’avez qu’à bien vous tenir ! Nous enchaînons de bonnes journées de pédalage en longeant la façade atlantique. La Vélodyssée est  bien aménagée, la route est plate. Nous sommes accueillis à plusieurs reprises par des familles du réseau Warmshower avec qui nous avons de très beaux moments de partage.

Nous quittons l’océan du côté de Royan pour rentrer dans les vignes et retrouver le canal latéral à la Garonne. L’arrivée sur le canal a le parfum du retour. Nous retrouvons progressivement  les éléments sensoriels qui ont construit pendant des années un sentiment d’appartenance à cette région, sans que nous nous en rendions vraiment compte… L’eau paisible du canal longé par ses platanes centenaires, la lumière verte et douce de l’ombre des arbres qui nous protègent du soleil dur, les champs de tournesol, les herbes sèches et jaunies… La brique rose refait surface, l’air est chargé du pollen des tilleuls et des graminées…

Une centaine de kilomètres avant l’arrivée, nous sommes rejoints par Aurélie et John. Eux aussi ont posé quelques jours de congé pour venir pédaler avec nous. Diane est ravie de retrouver sa marraine après cette année un peu spéciale et a plein de choses à lui raconter ; elle est intarissable ! A leurs côtés, les derniers kilomètres défilent à toute vitesse et en douceur…

Pour l’arrivée sur Toulouse,  nous sommes rejoints par les amis encore présents sur la région au milieu de l’été. Quelle joie de les retrouver progressivement au bord de la route ! Nous finissons cette journée d’arrivée par un pique-nique partagé au bord du lac de la Ramée. Nous les retrouvons tous avec une facilité déconcertante, comme si nous nous étions quittés hier. Rien n’a changé, la permanence de ces liens nous étonne. Les grands sourires font chaud au cœur, les retrouvailles sont sincères. Nous demandons des nouvelles, nous rattrapons le retard… Mais une seule soirée ne suffira pas, l’agenda se remplit déjà…

Céline et Guillaume nous accueillent généreusement pour une pause toulousaine avant de poser définitivement nos bagages un peu plus au sud. Nous reprenons le canal du Midi, et redécouvrons avec joie ces lieux familiers. Nous repassons dans notre village et nous arrêtons dire bonjour à nos anciens voisins et amis. Notre maison est vendue, nous n’avons plus de chez-nous, mais paradoxalement nous ne nous sentons pas tristes…

Rien n’a changé, vraiment ?