Quelques réponses au pourquoi ?

Lorsque nous annonçons peu à peu autour de nous ce départ pour un tour du monde et  la vente de la maison pour financer le projet, on nous répond souvent : « Ah mais en fait, vous plaquez tout et vous partez ?! »

Non, nous ne plaquons pas tout. Nous faisons une… parenthèse.

Nous ne partons pas par saturation, nous ne partons pas parce que nous souhaitons quitter notre vie d’ici, nous ne partons pas parce que l’herbe est plus verte ailleurs…

Alors pourquoi ?

La liste des réponses est longue. Quelques-unes ici :

  • Nous avons 40 ans (si si !). Certains y verront la crise de la quarantaine pointer son nez, mais c’est aussi que nos enfants ont grandi. François aura 14 ans en 2018. Il entrera en 3ème l’année prochaine, puis suivra le lycée et puis… et bien, on ne sait pas. Mais le temps qu’il nous reste à partager avec lui à la maison est maintenant bien plus court que celui nous avons déjà partagé (sachant qu’il passe de plus en plus de temps sur ses devoirs ou en vadrouille avec ses copains). Même raisonnement avec Pauline qui a un an de moins !
  • Nous avons tous les deux été beaucoup touchés par un article d’une étonnante justesse publié par le bloggeur américain Tim Urban, dans lequel il insiste sur le fait que « quality time matters* » (The tail end). Quand François aura 14 ans, il aura passé 5110 jours avec nous (et ça c’est sans compter les moments grappillés chez les copains). Il restera donc potentiellement 1460 jours d’ici à ses 18 ans. Imaginons que nous vivions jusqu’à 70 ans, en pleine forme, disponible pour garder d’hypothétiques petits-enfants de temps à autres… Ne rêvons pas, nous ne le verrons pas plus de 20 Smileysjours par an (en étant même plus optimiste que Tim !), ce qui nous laisse 1040 jours de rab. En schéma, ça donne ça. Les smileys jaunes ce sont ceux les jours que l’on aura passé avec François à ses 14 ans. Les blancs, ceux qui restent d’ici à nos 70 ans…. ah ouais…

Jours François 14 ans

Alors oui, cela peut paraître intuitivement évident, il faut consacrer du temps de qualité à ses proches, mais nous n’avons pas réussi jusqu’à présent à trouver la formule magique. En réalité, c’est plutôt ça chez nous : « Je fais les courses et on en parle à mon retour », « Je finis les machines et on voit ça après », « Je monte dans ta chambre plus tard », « Attends, je finis ça », « Je viens dans 5 minutes » (qui se transforment en 15 45 minutes)… Notre quotidien nous envahit souvent. Cette aventure est l’occasion de dire stop à ce rythme brutalisant pour nos relations.

Ce tour du monde finalement ce serait donc ça : ces quelques lignes en bleu passées ensemble à 100%.

Jours François 14 ans bis

  • Nous pensons connaitre nos proches… Nous sommes parfois étonnés de constater que nous nous trompons. Les chamailleries du quotidien entre frère et soeurs cristallisent les tensions et limitent la démarche de connaissance mutuelle. C’est aussi vrai entre parents et enfants. C’est aussi vrai dans le couple. Nous serions complètement naïfs de croire qu’il n’y aura aucune tension pendant ce voyage. Les conditions de vie spartiates, la vie en commun pendant un an 24h/24 seront de multiples sources de tension pour nos caractères bien trempés. Mais ces moments là, nous les vivrons ensemble, nous les assumerons ensemble avec plus de disponibilité.
  • Sans vouloir tomber dans l’article moralisateur, notre envie de départ étant quand même poussée aussi par l’envie de découvrir d’autres cultures, d’autres façons de penser et de vivre. De se rappeler en tant qu’adultes et d’observer avec les enfants que la différence n’est pas forcément source d’angoisse. Que la différence peut même se montrer particulièrement riche d’apprentissage…
  • Dans le même ordre d’idée, nous voulons aussi sortir de notre zone de confort. Avoir une grande maison en banlieue d’une grande ville, l’eau chaude plus qu’il n’en faut, le confort d’une vie privilégiée… On ne s’en plaint pas, au contraire ! Mais on s’y habitue… C’est un standard de vie même. Qui ne concerne que les 3% les plus privilégiés de la planète. Vivre un an dans des conditions plus sommaires ne peut que nous rappeler la chance que nous avons… et donner une réalité à ces beaux discours que nous faisons aux enfants.

Il y aurait bien d’autres raisons à donner encore, aller à la rencontre des autres, se cultiver, apprendre tout un tas de choses sur tout un tas de lieux, développer le sens de l’effort aussi,  à vélo notamment (et il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet !).

Dans tous les cas, on se donne la chance de vivre une aventure en famille qui marquera chacun et profitera à tous. En tout cas nous l’espérons. Evidemment toutes ces belles raisons ne nous empêchent pas d’être un peu affreusement perplexes inquiets sur la réalité de ce que l’on va vivre…

Et pour finir peut être enfin la moins bonne des raisons mais une des plus fortes : si on ne le fait pas, on le regrettera toute notre vie !

* « Les moments de qualité sont essentiels »

Par Nadège

Une réflexion sur “Quelques réponses au pourquoi ?

  1. Marc Macé dit :

    Si je peux ajouter mon petit commentaire, au moment où nous établissions nos listes de raisons en faveur et contre ce voyage, nous sommes tombés sur une citation d’un sage, répondant à la question de ce qui le surprenait le plus dans le monde :
    « Les hommes… Parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent, ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé. Et à penser anxieusement au futur, ils en oublient le présent, de telle sorte qu’ils finissent par ne vivre ni le présent, ni le futur. Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir… et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu. »

    Certains y verront de la psychologie de comptoir, moi ça m’a fait réfléchir plus que ce que j’aurai imaginé 😉

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